Dans le paysage politique congolais, certaines figures se distinguent par la constance de leurs engagements. D’autres, en revanche, alimentent le débat par la variabilité de leurs alliances.
C’est dans cette seconde catégorie que s’inscrit aujourd’hui José Makila Sumanda, dont le parcours suscite de vives interrogations sur la cohérence de son engagement politique.
L’homme n’en est pas à sa première reconfiguration stratégique. En 2011, alors que Jean-Pierre BEMBA faisait face à la justice internationale devant la Cour pénale internationale, José Makila prend ses distances avec le Mouvement de Libération du Congo (MLC), un départ interprété à l’époque comme un repositionnement opportuniste.
Quelques années plus tard, en juin 2020, il opère un nouveau virage en se rapprochant du pouvoir en place, incarné par Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO. Cette proximité lui vaut une nomination à la tête du conseil d’administration de la Société Commerciale des Transports et des Ports (SCTP, ex-Onatra). Une position qu’il occupera brièvement, avant d’être suspendu en 2021, dans un contexte marqué par des tensions et des critiques sur sa gestion.
Parallèlement, à la tête de son parti, l’Alliance des Travaillistes pour le Développement (ATD), MAKILA traîne une réputation controversée dans sa province du Sud-Ubangi, où sa gouvernance a régulièrement été remise en cause par ses détracteurs.
Aujourd’hui, c’est aux côtés de Joseph KABILA que l’ancien vice-gouverneur refait surface, dans une dynamique politique baptisée «Sauvons la RDC».
Une nouvelle alliance qui ne manque pas de surprendre, tant elle contraste avec ses prises de position antérieures, où il critiquait avec virulence le système qu’il semble désormais rejoindre.
Ce parcours, jalonné de ruptures et de rapprochements successifs, alimente une perception persistante : celle d’un acteur politique dont les choix seraient davantage dictés par des intérêts circonstanciels que par des convictions idéologiques durables.
Dans un contexte national où la crédibilité de la classe politique est régulièrement questionnée, la trajectoire de José Makila relance le débat sur l’éthique, la constance et la responsabilité des leaders face à l’opinion publique. Pour ses détracteurs, le slogan «Sauvons la RDC» pourrait ainsi prêter à interprétation, certains y voyant moins un projet de société qu’une stratégie de repositionnement.
Reste à savoir si cette nouvelle orientation convaincra au-delà des cercles politiques, dans une opinion de plus en plus attentive à la cohérence des discours et des actes.
Rédaction
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