Le neuvième round de négociations entre la République démocratique du Congo et l’AFC/M23 s’est ouvert ce lundi 13 avril 2026 à Genève, dans un climat diplomatique tendu et marqué par un changement notable de configuration.
Contrairement aux précédentes sessions, les États-Unis ne se contentent plus d’un rôle d’observateur. Sous l’impulsion de Donald Trump, Washington s’impose désormais comme facilitateur central du dialogue, aux côtés des autorités congolaises dirigées par Félix TSHISEKEDI.
Autre fait marquant : l’absence physique du Qatar, jusque-là acteur clé dans ce processus, désormais relégué à une participation à distance.
Des délégations controversées
Côté gouvernement congolais, la délégation est conduite par SUMBU SITA MAMBU, haut représentant du chef de l’État.
En face, la délégation de l’AFC/M23 est dirigée par Benjamin MBONIMPA, avec comme négociateur principal René Abandi, tous deux sous sanctions américaines selon plusieurs sources.
La présence de certaines figures issues de la diaspora et d’anciens acteurs institutionnels congolais suscite également des interrogations sur la stratégie de représentation du mouvement.
La suisse en chef d’orchestre discret
L’organisation de ces discussions repose largement sur la Suisse, à travers son Département fédéral des affaires étrangères, qui a facilité les déplacements des participants.
Des documents de type “sauf-conduit” auraient été délivrés à certains membres de la délégation rebelle, leur permettant de voyager et de participer aux pourparlers dans un cadre strictement encadré.
Une bataille diplomatique… et narrative
Au-delà des échanges officiels, ces négociations révèlent une lutte d’influence plus profonde. D’un côté, AFC/M23 chercherait à se repositionner comme un acteur politique crédible, en mettant en avant des profils civils et technocratiques.
De l’autre, Kinshasa et ses partenaires, notamment les États-Unis, tentent de maintenir la lecture d’un conflit impliquant des soutiens extérieurs, notamment attribués au Rwanda.
Cette confrontation de récits est au cœur des enjeux de Genève : au-delà du terrain militaire, c’est l’opinion internationale qui devient un champ de bataille.
Dialogue fragile, terrain instable
Officiellement, l’objectif de ce 9e round reste la relance du dialogue entre les deux parties. Mais sur le terrain, les violences persistent, rendant toute avancée diplomatique fragile.
Dans ce contexte, la prise de contrôle du processus par Washington pourrait redéfinir les équilibres… ou accentuer les tensions.
Une chose est sûre, à Genève, il ne s’agit pas seulement de négocier la paix, mais de redessiner les rapports de force.
Rédaction
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