À Kinshasa, le chantier de la réforme électorale vient de franchir un cap décisif. L’honorable Meschak Mandefu Muela Mechack a déposé, ce mardi à l’Assemblée nationale, deux propositions de loi majeures visant à transformer en profondeur le système électoral de la République démocratique du Congo. Objectif affiché : restaurer la confiance, renforcer la transparence et moderniser la gouvernance électorale.
Deux piliers pour une refonte structurelle
Les textes déposés portent, d’une part, sur la révision de la loi électorale encadrant l’ensemble des scrutins, et d’autre part, sur la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ensemble, ils dessinent une architecture plus rigoureuse et mieux adaptée aux exigences d’un processus démocratique crédible.
Fin du cumul et ouverture maîtrisée des candidatures
Parmi les innovations phares, l’interdiction du cumul des candidatures marque une rupture nette avec les pratiques passées. Désormais, un acteur politique ne pourra plus se présenter simultanément à plusieurs fonctions électives au cours d’un même cycle. Une mesure qui vise à assainir la compétition et à limiter les stratégies opportunistes.
Dans le même élan, les candidatures seraient ouvertes de manière encadrée à toute personne compétente, avec une exigence accrue de qualification et de crédibilité.
Présidentielle : vers une sélection plus exigeante
Les propositions introduisent également un filtre plus strict pour l’accès à la magistrature suprême. Entre appels à candidatures, examen des dossiers et éventuelles auditions, le processus pourrait désormais reposer sur des critères objectifs de compétence et de capacité de gestion. Une évolution qui tend à privilégier le mérite sur le simple poids politique.
Représentativité repensée, fragmentation réduite
Autre changement de taille : la suppression du seuil de recevabilité de 60 %, remplacé par un seuil de 3 %. Cette réforme vise à rationaliser le paysage politique, encourager les regroupements et renforcer la représentativité des formations politiques.
Encadrement renforcé des témoins et observateurs
Pour sécuriser davantage les scrutins, les propositions prévoient des règles plus strictes : témoins et observateurs nationaux devront être issus des circonscriptions concernées, tandis que les observateurs internationaux resteront autorisés. Une mesure destinée à limiter les irrégularités et à renforcer la crédibilité des opérations électorales.
Cap sur la plénière
Les deux textes seront prochainement examinés en plénière à l’Assemblée nationale. En cas de recevabilité, ils seront transmis au Sénat pour une seconde lecture, conformément à la procédure législative.
Avec cette double initiative, Meschak Mandefu Muela Mechack s’impose comme l’un des acteurs clés de la réforme électorale en RDC, portant une ambition claire : bâtir un système plus juste, plus transparent et résolument tourné vers l’efficacité démocratique.
Fatshi BWANGA
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