Dans un récit à la fois introspectif et dérangeant, Jean-Claude Muyambo Kiassa jette une lumière crue sur sa perception de l’ancien président Joseph Kabila. Tiré de son ouvrage 1.444 jours à la prison de Makala, ce témoignage dévoile un regard profondément contrasté, forgé entre premières impressions et réalités vécues.
L’ancien bâtonnier ne cache pas sa surprise face à l’image initiale qu’il s’était faite de l’ex-chef de l’État :
«Il eut fallu que je sois emmené à la prison de Makala pour que je puisse connaître le visage de l’homme qui a gouverné la RDC de 2001 jusqu’en début 2019, soit 18 ans de règne.»
À travers cette déclaration, Jean-Claude Muyambo Kiassa suggère une rupture nette entre perception et réalité, entre l’homme public et ce qu’il estime avoir découvert avec le recul et l’épreuve carcérale.
Revenant sur leur toute première rencontre, il décrit une impression presque déroutante :
«Lorsque j’avais rencontré J. Kabila pour la toute première fois, en tant que Président, dans son bureau privé situé à côté de sa résidence, il m’avait donné l’impression d’une personne sainte qui ne pouvait faire du mal à une louche par sa façon de se comporter, d’agir et de parler.»
Ce contraste saisissant alimente une réflexion plus large sur le pouvoir et ses apparences. Derrière l’image d’un dirigeant calme, réservé et presque effacé, se cacherait une réalité plus complexe, que l’auteur dit n’avoir véritablement comprise qu’au prix de sa propre liberté.
À travers ce témoignage, Jean-Claude Muyambo Kiassa ne se contente pas de raconter une expérience personnelle. Il interroge, en filigrane, la nature du pouvoir en République démocratique du Congo, ses mécanismes invisibles et les illusions qu’il peut projeter.
Ce récit, à la frontière entre mémoire individuelle et critique politique, relance inévitablement le débat sur l’héritage de Joseph Kabila et sur la perception que les Congolais peuvent encore avoir de ses 18 années à la tête du pays.
Plus qu’un simple témoignage, c’est une remise en question brutale des apparences, et un rappel que, parfois, la vérité d’un régime ne se révèle pleinement qu’à ceux qui en ont subi les conséquences les plus directes.
Fatshi BWANGA
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