Révisitation de la Constitution en RDC : le CICA ouvre le débat et plaide pour une approche lucide et responsable

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À Kinshasa, le débat autour de la revisitation de la Constitution prend une nouvelle tournure avec la prise de position officielle du Conseil International de Chrétiens Avocats. Réuni en conférence extraordinaire, l’exécutif de cette organisation juridique et confessionnelle a publié, le 19 mai 2026, un communiqué structuré autour d’une réflexion à la fois juridique, sociale et éthique.

Portée par son président, le Bâtonnier Maurice Kanyama Mudishi, avocat aux Barreaux de Kinshasa/Gombe, Matete, Lomami et Lualaba, et doctorant à la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, cette déclaration s’inscrit dans un contexte national marqué par des interrogations profondes sur l’opportunité de modifier la loi fondamentale.

Une Constitution au cœur du vivre-ensemble 

Dans son analyse, le CICA asbl rappelle que «la Constitution, en tant que loi fondamentale, est un document qui reflète l’état social et le vouloir-vivre collectif d’un peuple».

Une affirmation qui replace le débat bien au-delà des considérations politiques immédiates, pour l’ancrer dans une vision sociétale et inclusive.

Le Bâtonnier Maurice Kanyama Mudishi insiste sur la nécessité d’aborder toute réforme constitutionnelle avec responsabilité :

«La Constitution n’est pas un texte figé. Elle peut évoluer, dès lors que cette évolution répond aux réalités sociales et au besoin de cohésion nationale.»

Souplesse constitutionnelle : un levier, pas une dérive

Au cœur du communiqué, une position claire se dégage : la Constitution de la République Démocratique du Congo présente un caractère « souple » et non «rigide». Une lecture juridique assumée qui ouvre la voie à une éventuelle révision, tout en appelant à la prudence.

«Toute Constitution est soit rigide, soit souple. Celle de la RDC relève du caractère souple. À ce titre, elle peut être revisitée, mais jamais au détriment de la paix, de la justice et du développement intégral» , précise le président du CICA.

Cette approche met en lumière une ligne d’équilibre : 
• reconnaître la possibilité de changement sans pour autant 
• banaliser l’acte de révision.

Une voix chrétienne pour un débat national apaisé

Fidèle à son identité, le CICA asbl inscrit sa réflexion dans les valeurs chrétiennes, notamment l’amour du prochain et le souci du bien commun.
Le communiqué évoque également la nécessité d’un « vouloir-vivre collectif », condition essentielle à toute réforme durable.

«La question n’est pas seulement juridique, elle est aussi morale et sociale. Toute décision doit viser le bien-être collectif et préserver l’unité nationale», martèle le Bâtonnier Maurice Kanyama Mudishi.

Un appel à la responsabilité collective

Le CICA asbl ne tranche pas de manière radicale, mais invite à une réflexion approfondie, loin des passions politiques. Son message est clair : la Constitution peut évoluer, mais uniquement dans le respect des principes fondamentaux qui garantissent la stabilité de l’État.

Dans un contexte où les positions se radicalisent, cette sortie du Bâtonnier Maurice Kanyama Mudishi apporte une voix mesurée, juridique et éthique, appelant à faire de la revisitation constitutionnelle un levier de progrès plutôt qu’un facteur de division.

Si les autorités ayant le pouvoir de vouloir peuvent faire confiance au Conseil International des Chrétiens Avocats, ce dernier se dit prêt à mettre son expertise à contribution, que ce soit au sein d’une commission ou à tout autre niveau, a souligné l’organisation, appelant à une approche responsable et structurée.

Fanfan TSHILUMBA BITANGILAY
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