Une phrase, sèche et lourde de sous-entendus, suffit parfois à raviver des tensions déjà vives. La déclaration de Peter Kazadi visant Jean-Marc Kabund ne passe pas inaperçue :
«Je n’aime pas parler de Jean-Marc. Je fais partie des gens qui ont “fabriqué” Jean-Marc. C’est moi qui lui ai appris à porter une cravate et une veste…»
Derrière cette sortie au ton méprisant, c’est toute la fracture entre anciens compagnons politiques qui refait surface.
Une déclaration aux allures de règlement de comptes
Par ces propos, Peter Kazadi ne se contente pas de critiquer. Il revendique un rôle direct dans l’ascension politique de Kabund, insinuant que ce dernier lui devrait en partie son image et sa stature. Une manière à peine voilée de réduire son ancien allié à une “création politique”, voire à un produit façonné dans l’ombre.
Cette sortie traduit aussi une volonté de reprendre l’ascendant dans le débat public, en fragilisant la crédibilité d’un opposant devenu particulièrement virulent contre le régime actuel.
De l’UDPS à la rupture brutale
Les deux hommes ont longtemps évolué au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), pilier du pouvoir incarné aujourd’hui par le président Félix Tshisekedi.
Mais depuis la rupture spectaculaire de Jean-Marc Kabund avec le camp présidentiel, les relations se sont profondément détériorées. De cadre influent du parti, Kabund est devenu une figure critique du système en place, multipliant les attaques contre ses anciens alliés.
Dans ce contexte, la déclaration de Kazadi apparaît comme une riposte politique, mais aussi comme un rappel d’un passé commun que certains au pouvoir semblent vouloir réécrire.
Entre attaque personnelle et stratégie politique
Au-delà du contenu, c’est le ton qui choque. Évoquer la manière de s’habiller, “porter une cravate et une veste”, relève moins de l’argument politique que de la dévalorisation personnelle.
Une stratégie risquée, mais fréquente dans les joutes politiques où l’image compte autant que les idées.
Cette sortie pose une question centrale : le débat politique en RDC peut-il s’élever au-dessus des attaques personnelles pour se concentrer sur les enjeux de fond ?
Une scène politique sous tension
L’épisode illustre, une fois de plus, la fébrilité du climat politique congolais, marqué par des rivalités internes, des repositionnements stratégiques et des ambitions personnelles assumées.
Entre anciens compagnons devenus adversaires, la lutte ne se limite plus aux idées : elle se joue aussi sur le terrain de l’image, de l’influence… et désormais, des petites phrases qui font grand bruit.
La déclaration de Peter Kazadi n’est pas anodine. Elle révèle une guerre d’influence persistante au sommet de l’État et confirme que la rupture avec Jean-Marc Kabund est désormais totale et irréversible.
Reste à savoir si ce type de discours renforcera les positions de chacun… ou contribuera à décrédibiliser davantage une classe politique déjà sous pression de l’opinion publique.
Natacha NDOMBELE
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