RDC | « Article 64 » : l’opposition prise à son propre piège constitutionnel ?

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Dans le débat politique congolais, certains acteurs de l’opposition réunis autour de la plateforme dite «Article 64» tentent d’ériger cette disposition constitutionnelle en instrument de mobilisation contre les institutions en place. Pourtant, politiquement comme juridiquement, cette lecture apparaît pour beaucoup comme un véritable contresens.

L’article 64 de la Constitution n’a jamais été conçu comme un permis de déstabilisation des institutions républicaines.
Au contraire, il protège l’ordre constitutionnel et la légitimité des institutions établies. Son alinéa 2 est sans ambiguïté : toute tentative de renversement ou de déstabilisation du régime constitutionnel constitue une infraction grave, qualifiée de crime imprescriptible.

Dès lors, plusieurs observateurs estiment que l’invocation répétée de cet article par certains opposants relève davantage d’une stratégie politique que d’une interprétation rigoureuse du texte constitutionnel.

L’opposition face à la souveraineté populaire ?

Une autre contradiction alimente le débat : le rejet systématique par certains opposants de toute idée de consultation populaire autour d’une réforme institutionnelle ou constitutionnelle.

Pour les partisans du Président Félix Tshisekedi, cette posture entre directement en collision avec l’article 5 de la Constitution, qui consacre la souveraineté du peuple. Dans cette logique, refuser au peuple le droit de se prononcer reviendrait à craindre l’expression démocratique directe.

Les défenseurs du Chef de l’État soutiennent ainsi que l’opposition redoute une réalité politique devenue difficile à nier : la majorité populaire continuerait d’accorder sa confiance au Président de la République malgré les tensions politiques et sécuritaires que traverse le pays.

La 4ᵉ République comme projet de refondation

Au sein de l’UDPS, le projet d’une 4ᵉ République est présenté non comme une rupture aventureuse, mais comme une démarche de modernisation institutionnelle destinée à adapter l’État congolais aux défis contemporains.

Les proches du pouvoir estiment qu’une nouvelle dynamique constitutionnelle pourrait permettre de libérer pleinement le potentiel du Grand Congo, à travers des institutions plus efficaces, une gouvernance modernisée et une meilleure stabilité politique.

Pour eux, la légitimité d’un tel projet ne peut venir ni des calculs politiciens ni des « fantômes du passé », mais uniquement de la volonté souveraine du peuple congolais exprimée démocratiquement.

Cadre de l’UDPS/Tshisekedi, Mfumu Totshumany Kisombe affirme ainsi son soutien total au Président Félix Tshisekedi, qu’il présente comme l’incarnation d’un patriotisme politique tourné vers la consolidation de l’État et l’avenir du Congo.

Fatshi BWANGA 
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