Il faut oser briser le vernis des slogans : « Sauvons la RDC » n’a rien d’un projet de société. C’est, pour ses détracteurs, une opération politique soigneusement emballée, portée par des figures qui incarnent justement une partie du passé contesté du pays.
Pendant près de deux décennies, sous l’ère de Joseph Kabila, plusieurs de ceux qui se présentent aujourd’hui comme des recours ont occupé des postes clés au sommet de l’État. Parmi eux, Raymond Tshibanda, Néhémie Mwilanya, Tarcisse Loseke ou encore Moïse Nyarugabo.
Une crédibilité en question
Le paradoxe interroge : comment prétendre « sauver » un pays dont on a soi-même accompagné la gestion durant des années, sans avoir réussi à corriger ses failles structurelles ? Pour les critiques, cette posture relève moins d’un sursaut patriotique que d’un repositionnement stratégique dans un paysage politique en mutation.
Le slogan « Sauvons la RDC » apparaît ainsi, non pas comme une vision claire ou un programme détaillé, mais comme un outil de reconquête de légitimité.
Entre mémoire et responsabilité
Derrière cette initiative, une question de fond demeure : peut-on tourner la page sans assumer le bilan ? Car pour une partie de l’opinion, les difficultés actuelles du pays ne peuvent être dissociées des choix politiques du passé.
Relancer le débat sans autocritique profonde ni remise en question réelle risque de renforcer le scepticisme d’une population déjà méfiante face aux promesses politiques.
Un débat qui dépasse les slogans
Plus qu’un affrontement entre camps, cette polémique révèle une attente forte, celle d’un renouvellement sincère de la classe politique, fondé sur des idées concrètes et des engagements mesurables.
Car au-delà des mots, une évidence s’impose : la République démocratique du Congo ne se sauvera ni par des slogans, ni par des recyclages politiques, mais par des actions crédibles, transparentes et orientées vers l’intérêt général.
Rédaction
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