La tension politique ne retombe pas à Kinshasa. Au lendemain des violences survenues lors de la manifestation du vendredi 12 juin, la plateforme citoyenne Initiative Simama Grands Lacs (ISGL) sort du silence avec une déclaration au ton ferme, dénonçant une « répression sanglante » et appelant à des mesures urgentes.
Dans son communiqué, l’ISGL RDC fustige ce qu’elle considère comme un recours excessif à la force contre des manifestants venus exprimer leur opposition au projet de révision constitutionnelle. Pour cette organisation engagée en faveur de la bonne gouvernance, de la paix et de la démocratie, les événements de la journée constituent une atteinte grave aux libertés publiques, notamment au droit fondamental de manifester.
« Ce qui s’est passé est inacceptable dans un État qui se veut démocratique », semble résumer la position de la plateforme, qui alerte sur une dérive sécuritaire préoccupante.
Face à la gravité des faits, l’ISGL ne se contente pas de dénoncer. Elle exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités et faire toute la lumière sur les violences. L’organisation appelle également à des sanctions contre les auteurs présumés, tout en insistant de prévenir toute répétition de tels incidents lors des prochaines mobilisations.
Son coordonnateur national, Samuel Matabaro, met en garde contre les conséquences d’une banalisation de la violence politique. Il insiste sur l’obligation pour les autorités de garantir la sécurité des citoyens et le respect de leurs droits fondamentaux, particulièrement dans l’exercice de leurs libertés politiques.
Mais l’ISGL va encore plus loin.
Dans une prise de position clairement politique, elle appelle le Président de la République à renoncer publiquement au projet de changement de la Constitution. Selon la plateforme, un tel geste constituerait un signal fort d’apaisement, susceptible de désamorcer les tensions et de préserver la paix ainsi que l’unité nationale.
Cette sortie s’inscrit dans un contexte déjà explosif, marqué par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, et par des réactions divergentes au sein de la classe politique comme de la société civile.
Alors que le débat sur la révision constitutionnelle continue de diviser profondément, la déclaration de l’ISGL vient renforcer la pression sur les autorités, en plaçant la question des libertés publiques et de la gestion des manifestations au centre des préoccupations nationales.
Plus que jamais, Kinshasa apparaît comme le théâtre d’un bras de fer politique où se jouent à la fois l’avenir institutionnel du pays et la crédibilité de son engagement démocratique.
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