Opposition en RDC : Sont-ils vraiment capables de diriger le pays alors qu'ils perdent le contrôle de leurs partis ?

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À l’approche des grands rendez-vous politiques, les discours de gouvernance et les leçons de démocratie inondent les médias. Pourtant, derrière la rhétorique bien huilée des leaders de l’opposition, une réalité beaucoup plus sombre se dessine dans les coulisses.

Entre démissions en cascade, accusations de tribalisme et dérives autoritaires, Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund font face à une crise de leadership majeure.
 
Une question légitime brûle désormais toutes les lèvres : comment prétendre rassembler plus de 100 millions de Congolais quand on ne parvient pas à maintenir l’unité au sein de sa propre écurie politique ?

​Alliance pour le Changement (A.Ch) : Le naufrage solitaire de Jean-Marc Kabund

​L'ancien président de l'UDPS et autrefois "maître nageur" de la scène politique, Jean-Marc Kabund, voit son navire prendre l'eau de toutes parts. Son parti, l'Alliance pour le Changement, se vide progressivement de sa substance.
​Les départs successifs de cadres de premier plan, à l'instar de Fal Mamba ou de Josué Mbuma, ne sont plus de simples cas isolés, mais le symptôme d'un malaise profond. Les militants, autrefois galvanisés, affichent leur découragement. 

En cause ? Une gestion jugée opaque et dictée par des frustrations personnelles contre le Chef de l'État Félix Tshisekedi. Plus grave encore, des voix s'élèvent en interne pour dénoncer un repli tribaliste dans l'attribution des postes et une complaisance ambiguë vis-à-vis de l'AFC de Joseph Kabila. Un comble pour un parti qui se voulait le porte-flambeau du renouveau.

​ECiDé : Martin Fayulu face au spectre des frustrations internes

​Chez Martin Fayulu, le "soldat du peuple", le constat n’est guère plus reluisant. L'Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé) traverse une zone de fortes turbulences marquée par des défections retentissantes.

​Le cas le plus emblématique reste le départ fracassant de Chantal Moboni. Sa mise à l'écart et les tensions qui ont entouré sa sortie ont mis en lumière un climat de suspicion et de discrimination interne que de nombreux observateurs jugent alarmant. 

Voir une figure historique du parti claquer la porte en dénonçant des traitements discriminatoires basés sur l'appartenance linguistique (notamment envers l'espace Luba) égratigne sérieusement l'image de rassembleur que Martin Fayulu tente de projeter à l'international.

​Ensemble pour la République : Le paradoxe Moïse Katumbi

​C’est sans doute la charge la plus lourde et la plus paradoxale. Alors que Moïse Katumbi et ses lieutenants se posent régulièrement en procureurs du "tribalisme d'État", les faits au sein d'Ensemble pour la République racontent une tout autre histoire.

​L'analyse des récentes nominations au sein des structures du parti révèle un déséquilibre flagrant : près de 80 % des postes clés sont occupés par des cadres issus d'un seul et même espace linguistique. Pire, certaines de ces nominations concernent des profils radicaux ayant publiquement flirté avec des discours séparatistes ou insurrectionnels.

​Le patriotisme et l’unité nationale ne se mesurent pas au nombre de caméras présentes lors d’un meeting, mais à la diversité et à la méritocratie dont on fait preuve au moment de partager le pouvoir en interne.

​L'arroseur arrosé : Félix Tshisekedi en posture de bâtisseur ?

​Le contraste est saisissant pour le camp présidentiel. Pendant des années, l'opposition a tenté de coller l'étiquette du repli identitaire au Chef de l'État.
Aujourd'hui, l'effet miroir joue en faveur de l'Union Sacrée. Face à une opposition fragmentée, incapable de retenir ses propres talents et piégée par ses propres contradictions géopolitiques, Félix Tshisekedi apparaît aux yeux de ses partisans comme le seul garant de la cohésion nationale.

​Le refrain populaire "Toza ba zoba te" (Nous ne sommes pas dupes) prend ici tout son sens pour les électeurs. 
Le verdict de la base est sans appel : pour rebâtir un pays de la taille d'un continent comme la RDC, il faut des bâtisseurs capables de fédérer, et non des gestionnaires de partis dont les fondations s'effondrent au premier coup de vent.

Fatshi BWANGA 
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