Alors que tire la sonnette d’alarme sur l’avenir institutionnel de la , son message soulève autant de questions qu’il prétend en résoudre. Présenté comme un appel à la vigilance, ce discours apparaît pour certains observateurs comme une tentative de repositionnement politique, au regard de son propre bilan à la tête de l’État.
Dans une adresse à la Nation, l’ancien chef de l’État évoque une « phase critique » marquée par des tensions institutionnelles et une dégradation de la gouvernance. Pourtant, difficile d’ignorer que nombre des fragilités qu’il dénonce aujourd’hui trouvent leurs racines dans les années de son propre pouvoir. Concentration des décisions, contestations électorales, crispations politiques : autant d’éléments qui ont contribué à façonner le paysage institutionnel actuel.
L’inquiétude exprimée face à une éventuelle évolution constitutionnelle se veut un plaidoyer pour la stabilité. Mais elle suscite une interrogation légitime : peut-on se poser en garant de l’équilibre institutionnel sans reconnaître les entorses passées à cet équilibre ? Pour une partie de l’opinion, cette posture relève davantage d’une stratégie politique que d’un réel souci de cohérence démocratique.
L’appel à la vigilance citoyenne, quant à lui, trouve un écho favorable dans un contexte où les Congolais aspirent à plus de transparence et de responsabilité. Cependant, cet engagement citoyen ne saurait être instrumentalisé. Il implique aussi un devoir de vérité historique et une lecture lucide du passé.
Au-delà des clivages politiques, le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC mérite mieux que des prises de position sélectives. Il exige une approche honnête, tournée vers des solutions durables, où chaque acteur, ancien ou actuel, assume pleinement sa part de responsabilité.
Car la véritable question reste entière : comment construire une stabilité institutionnelle solide si le débat public reste prisonnier de postures politiques et d’une mémoire à géométrie variable ?
Dans cette dynamique, le peuple congolais apparaît plus que jamais comme l’arbitre ultime. Informé, conscient et engagé, il demeure le seul garant d’un avenir démocratique réellement ancré dans ses aspirations profondes, loin des calculs politiques et des récits à sens unique.
Karaj-a-Ntang
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