La nouvelle administration des marchés emblématiques de la Kenya et de Zambia vient de transformer en 5 mois la gestion des finances publiques en un véritable désastre.
Alors que les marchands continuent d'être taxés quotidiennement au franc près, les caisses de l'Hôtel de ville, elles, restent désespérément vides.
Une question brûle désormais toutes les lèvres : où va l’argent des contribuables ?
L'effroyable arithmétique de la dilapidation
Pour comprendre l'ampleur du désastre financier, il suffit de regarder les chiffres historiques de ces deux poumons économiques.
Le Marché KENYA : Sous l'ancienne gestion, ce marché versait régulièrement 7 000 000 FC par semaine à la mairie. En cinq mois (soit environ 21 semaines) de gestion par le nouvel administrateur, le calcul est vertigineux : plus de 140 000 000 FC se sont volatilisés.
Le Marché ZAMBIA : C'est le trou noir absolu. Depuis l'installation du nouvel administrateur, pas un seul franc congolais n’a été versé dans les caisses de la mairie.
Pendant que le trésor urbain est ainsi saigné à blanc, un contraste choquant révolte les observateurs : Le contraste de l'impunité. En à peine 150 jours d’exercice, les deux administrateurs se sont mystérieusement enrichis. Villas fraîchement construites, acquisitions de véhicules neufs... Le tout, sous l'œil impuissant, voire complice, de l'autorité urbaine.
Népotisme, impunité et "militantisme" comme boucliers
Comment expliquer une telle audace ? Selon les informations livrées par les membres des comités de ces marchés qui, comble du cynisme, ne sont même pas payés , les deux administrateurs affichent une arrogance déconcertante.
Pour justifier ce pillage systématique, ils brandissent un argument massue : «Nous avons lutté pour le pouvoir.»
Ils semblent se croire intouchables. Une dérive qui consacre le clientélisme au détriment de la compétence, alors même que des cadres intègres et qualifiés attendent d'être nommés pour redresser la barre.
Lubumbashi sacrifié sur l’autel des intérêts partisans
Ce fiasco n'est pas un cas isolé, il symbolise le délitement d'une autrefois moteur économique du pays. Aujourd'hui, Lubumbashi subit une destruction méthodique à tous les niveaux de sa gouvernance, abandonné à des gestionnaires de fortune plus préoccupés par leur enrichissement personnel que par le bien-être collectif.
Devant ce spectacle désolant, l'inaction de la mairie sous Tunda Kazadi pose question. L'autorité urbaine a-t-elle démissionné face aux pressions politiques, ou participe-t-elle passivement à ce naufrage ?
Réagir pour sauver l'intérêt public
Face à cette gestion chaotique, la coupe est pleine. Les Jeunes Défenseurs du Pouvoir et la société civile du Katanga ne comptent plus se taire. Il est temps que l'Inspection Générale des Finances (IGF) et les autorités judiciaires se saisissent de ce dossier pour mettre fin à cette république des copains et des coquins.
Le changement promis ne peut pas rimer avec le pillage des marchés publics. Le peuple observe, et le peuple exige des comptes !
Fatshi BWANGA
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