L’AFC/M23 durcit son contrôle sur les médias dans les zones du Sud-Kivu placées sous son administration. Selon une alerte de Journaliste en danger (JED), les responsables des médias opérant à Bukavu ont été informés, le 19 août 2026, de l’interdiction de diffuser des débats et émissions à caractère politique.
La mesure aurait été annoncée lors d’une réunion tenue à Bukavu avec les responsables des médias. Les radios et autres médias concernés sont également sommés de ne plus relayer les informations en provenance de Kinshasa, ni certaines actualités concernant des responsables politiques du Sud-Kivu restés dans les zones sous contrôle du gouvernement congolais.
Dans le même temps, les médias sont appelés à privilégier des thématiques jugées consensuelles, notamment la paix, l’éducation, la santé, l’environnement et le développement. Selon les informations rapportées par JED, certains contenus devraient toutefois être soumis à une validation préalable de la cellule de communication de l’administration AFC/M23.
Cette nouvelle restriction ferait notamment suite à une émission diffusée sur Radio Bukavu FM. Au cours de ce programme, l’acteur politique Blaise Maseka avait évoqué l’expulsion de la mère de l’ancien ministre Claude Nyamugabo de sa maison familiale.
Pour JED, ces nouvelles directives constituent une restriction supplémentaire de l’espace médiatique dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23. L’organisation de défense de la liberté de la presse avait déjà documenté, en 2025, des menaces et restrictions visant les médias de Bukavu et d’autres zones contrôlées par le mouvement.
Ces mesures relancent ainsi les inquiétudes sur la liberté de la presse dans l’est de la RDC, où les médias locaux évoluent dans un contexte marqué par le conflit et les tensions entre l’AFC/M23 et les autorités de Kinshasa.
La Rédaction
%20(1)%20(2).png)