RDC | Quand les leçons du passé imposent la responsabilité : sortie polémique de Sesanga sous le feu des critiques

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La récente déclaration de Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng Kapitu, appelant à « affronter le pouvoir à mains nues et le plaquer au sol », ne passe pas inaperçue. Au-delà de la rhétorique politique, ces propos soulèvent une question grave : peut-on, dans un pays meurtri par des décennies de violence, banaliser un langage de confrontation physique et de défi brutal à l’ordre républicain ?

Une sortie aux accents de rupture dangereuse

Dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques et sécuritaires persistantes, appeler à « plaquer au sol » un pouvoir légalement établi revient à franchir une ligne rouge. La démocratie repose sur des institutions, des lois et des mécanismes pacifiques de contestation. En suggérant une forme de lutte physique, ce discours s’éloigne dangereusement des principes constitutionnels.

Certes, le débat sur la limitation des mandats est légitime. Mais il doit se mener dans le cadre républicain, et non dans une logique d’affrontement direct qui rappelle les heures sombres de l’instabilité congolaise.

Le poids d’un passé lié aux rébellions

Il est important de rappeler que Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng Kapitu, a évolué dans le passé au sein du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), un mouvement armé actif durant la guerre qui a ravagé la RDC à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

Cette période est largement documentée par le célèbre rapport Mapping des Nations unies, qui recense 617 incidents graves de violations des droits humains entre 1993 et 2003, incluant massacres, viols et destructions massives.

Ce rapport de plus de 550 pages met en lumière l’ampleur des atrocités commises sur le territoire congolais, souvent liées à des groupes armés, dont le RCD faisait partie dans le contexte de la deuxième guerre du Congo. 

Entre mémoire des victimes et responsabilité des élites

Dans un pays où des millions de vies ont été brisées par les conflits, la parole publique ne peut être légère. Les leaders politiques ont un devoir de retenue, de responsabilité et de respect envers la mémoire collective.
Utiliser un langage violent ou insurrectionnel, surtout lorsqu’on a été associé directement ou indirectement à des périodes de guerre, est perçu par une partie de l’opinion comme une provocation, voire une négation des souffrances passées.

La démocratie ne se conquiert pas par la force

La Constitution congolaise est claire : l’alternance politique doit se faire par les urnes et dans le respect des institutions. Toute tentative de glissement vers une logique de confrontation physique est non seulement irresponsable, mais dangereuse pour la stabilité nationale.
Le Congo n’a pas besoin de nouveaux slogans de combat. Il a besoin de maturité politique, de débats d’idées et d’un engagement sincère pour la paix.

Un discours à recadrer

Les propos de Delly Sesanga appellent à un recadrage ferme. Dans une nation encore marquée par les cicatrices de la guerre, chaque mot compte. La liberté d’expression ne doit jamais devenir un prétexte pour raviver les démons de la violence.

L’histoire récente de la RDC est un avertissement permanent : lorsque la politique emprunte le chemin de la force, c’est toujours le peuple qui en paie le prix.

Fatshi Bwanga 
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