Des assiettes dans les classes : le Kasaï au cœur de l'ultime pari du gouvernement pour sauver la gratuité de l'enseignement primaire

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Derrière les formations et le déploiement technique des cantines scolaires au Kasaï-Central et Kasaï-Oriental, le Gouvernement abat sa dernière carte : la faim est-elle le véritable gouffre qui menace de couler la gratuité de l'enseignement ?

​Nourrir pour mieux instruire, ou simplement colmater les brèches d'un système à bout de souffle ? Une délégation technique du Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté a posé ses valises dans l'espace kasaïen avec un mandat précis : structurer, former et rendre opérationnelles les cantines scolaires pilotes du Kasaï-Central et du Kasaï-Oriental.

​À la tête de cette mission de terrain, Mme Rebecca Kapinga, assistante technique auprès de la Ministre d’État Raïssa Malu, orchestre une série de formations immersives destinées aux Directeurs Provinciaux (PROVED), Sous-PROVED, Comités de Gestion (COGES) ainsi qu'aux cadres communautaires. L'ambition affichée est claire : passer d'un modèle d'assistance passif à une appropriation locale et pérenne.

​L'école gratuite, mirage sans repas ?

​Depuis son instauration, la gratuité de l'enseignement primaire se heurte à une réalité socio-économique tenace : l'absentéisme et le décrochage précoce alimentés par la précarité des ménages. En ciblant les 222 jours que compte l'année scolaire, le Programme National des Cantines Scolaires (PNCS) prend le problème à la racine. Fournir une alimentation quotidienne et équilibrée à l'école ne relève plus seulement de la santé publique, mais devient un levier direct d'assiduité et de performance pédagogique.

​En soulageant directement le portefeuille des familles, le dispositif cherche à transformer l'école en un espace d'attraction plutôt que de contrainte.

Le défi décisif de la gouvernance locale

​La promesse est séduisante, mais le pari reste audacieux. L'histoire des programmes sociaux en République Démocratique du Congo a souvent montré les limites des initiatives centralisées une fois l'enthousiasme initial retombé. Consciente de ce risque, l'équipe d'experts mise sur un maillage serré combinant visites de terrain et responsabilisation directe des comités de gestion locaux.

​Le succès du PNCS au Kasaï servira de test grandeur nature. Si les acteurs locaux parviennent à maintenir la chaîne d'approvisionnement et une gestion transparente, ces cantines pilotes pourraient devenir la clé de voûte d'une réforme éducative durable. Dans le cas contraire, le gouvernement devra répondre de l'efficacité d'un modèle qui ne peut plus se contenter d'enseigner le ventre vide.

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