L'onde de choc secoue le paysage politique de la République Démocratique du Congo. Condamné ce vendredi 18 septembre par la Cour de cassation à une lourde peine de dix ans de travaux forcés, l'ex-ministre de la Justice Constant Mutamba refuse de courber l'échine.
Dans une missive manuscrite datée du 20 septembre, rédigée directement à l'intention du « peuple congolais » et des « peuples d'Afrique », le ton est à l'offensive. Celui qui promettait encore hier de nettoyer l'appareil judiciaire se pose aujourd'hui en martyr d'un système qu'il prétendait réformer.
Deux jours de procès, zéro preuve : la charge d'un homme à terre
Le cœur de la contestation repose sur le déroulement même des audiences. L'ancien Garde des Sceaux clame n'avoir bénéficié d'aucun droit élémentaire à la défense, fustigeant une procédure éclair bouclée en seulement 48 heures :
° Absence de témoins à la barre : Aucun témoin clé n'a été appelé à comparer durant les débats.
° Absence de preuves matérielles : Aucun document comptable ni audit financier indépendant n'aurait démontré la matérialité des détournements.
° Dénégation catégorique : Les sommes contestées notamment celles liées à la gestion du Fonds d'Indemnisation des Victimes des Activités Illicites de l'Ouganda (FRIVAO) et de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) n'ont, selon lui, jamais été détournées de leurs destinataires.
Le règlement de comptes au sommet de l'État ?
Au-delà de l'argumentaire technique, Constant Mutamba dénonce sans détours un « complot politico-judiciaire » visant à l'écarter définitivement du jeu politique congolais.
L'ancien ministre, dont la trajectoire météorique et les méthodes percutantes avaient bousculé les habitudes de la magistrature, affirme que cette condamnation vise à briser la dynamique qu'il incarnait. Loin de solliciter une grâce ou de faire acte de contrition, il conclut son message par un appel solennel à la « résistance », transformant ce verdict judiciaire en un nouvel affrontement politique aux issues imprévisibles.
RLM
%20(1)%20(2).png)