Le dossier des passeports biométriques congolais connaît un nouveau tournant en Belgique. Quatorze personnes ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel dans une affaire impliquant la société Semlex, chargée de la production des passeports de la République démocratique du Congo sous le régime de Joseph Kabila.
Au cœur de la procédure : les conditions financières entourant la délivrance des passeports congolais. Selon les éléments de l’enquête, une partie des quelque 60 dollars payés pour chaque document aurait été transférée vers une société basée aux Émirats arabes unis. Les parties civiles estiment à près de 60 millions de dollars les montants potentiellement concernés par ce mécanisme.
Les prévenus sont notamment poursuivis pour des faits présumés de corruption, blanchiment d’argent et fraude fiscale. À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée et les quatorze personnes concernées demeurent présumées innocentes jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice.
Cette procédure remet en lumière les interrogations qui entourent depuis plusieurs années le contrat relatif aux passeports biométriques congolais, notamment en raison du coût du document et de la destination d’une partie des recettes générées.
Le procès devra déterminer si les soupçons formulés par l’enquête sont étayés par des faits établis et, surtout, qui aurait éventuellement bénéficié des fonds en question.
Au-delà des responsabilités individuelles, cette affaire pourrait relancer le débat sur la transparence des marchés publics, le contrôle des contrats sensibles et la gestion des revenus issus de la délivrance des documents officiels en RDC.
La Rédaction
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