TRACEP : deux accidents de L-410 en 63 jours, les questions sur la sécurité aérienne se multiplient

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 Deux accidents impliquant des L-410 exploités par TRACEP-Congo Aviation en l’espace de 63 jours. La succession de ces événements remet au centre du débat les questions liées à la maintenance, à l’état technique des appareils et aux conditions d’exploitation des compagnies aériennes en République démocratique du Congo.

Le dernier accident s’est produit le 25 septembre 2026 à Kenge, dans la province du Kwango. Le L-410 immatriculé 9S-GUC, qui assurait la liaison Kikwit–Kinshasa, s’est écrasé alors qu’il se trouvait en vol. Les premières informations officielles faisaient état de 13 morts. Des sources locales ont ensuite évoqué un bilan différent. Les autorités devront établir le bilan définitif.

Cet accident intervient seulement deux mois après celui du 24 juillet 2026, impliquant un autre L-410 de TRACEP, immatriculé 7Q-GMR.

L’appareil effectuait alors un vol cargo entre Beni et Kasongo lorsqu’un problème de puissance sur un moteur avait été signalé par l’équipage. Un déroutement vers Walikale avait été envisagé. L’épave avait finalement été retrouvée deux jours plus tard. Un membre d’équipage avait perdu la vie, tandis que les autres occupants avaient survécu.

Deux accidents, deux mois, une même flotte

La proximité temporelle de ces deux accidents suffit-elle à établir un problème particulier chez TRACEP ou sur les L-410 concernés ? Non.

Mais elle justifie des questions auxquelles seules les enquêtes techniques pourront répondre.

État des appareils, maintenance, moteurs, pièces de rechange, procédures opérationnelles, formation des équipages, conditions météorologiques, supervision et environnement d'exploitation : autant d'éléments qui devront être examinés.

Le L-410 au cœur d'une longue histoire aéronautique

Le cas de TRACEP ne doit toutefois pas être isolé de l'histoire plus large du L-410.

Cet appareil, produit depuis plusieurs décennies, a été exploité dans de nombreux pays et dans des environnements parfois particulièrement exigeants. Des accidents impliquant différentes versions du L-410 ont notamment été enregistrés en Afrique, notamment en RDC, au Soudan du Sud, au Kenya, en Guinée, aux Comores, à Djibouti, au Nigeria et en Tanzanie.

Plusieurs accidents ont également été recensés en RDC ces dernières années, notamment à Butembo, Bukavu, Kahuzi et Shabunda.

Mais attention : additionner ces accidents ne permet pas, à lui seul, de conclure que le L-410 est aujourd'hui un appareil dangereux.

Les différentes générations du modèle ne présentent pas nécessairement les mêmes caractéristiques techniques. De même, le nombre d'accidents doit être rapporté au nombre d'appareils réellement exploités, aux heures de vol et aux cycles pour permettre une véritable analyse statistique du risque.

Les enquêtes devront parler

Après deux accidents impliquant des L-410 de TRACEP en seulement 63 jours, l'enjeu est désormais de savoir ce que révéleront les enquêtes.

Il faudra déterminer les causes précises de chaque accident et établir s'il existe — ou non — des facteurs communs.

Pour l'heure, aucune conclusion définitive ne peut être tirée.
Une chose demeure cependant certaine : dans l'aviation, chaque accident doit être analysé avec rigueur, parce que derrière chaque appareil détruit, il y a des vies humaines et des réponses à apporter aux familles des victimes.


La Rédaction 
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