Une des plus grandes interrogations sur le rôle des députés se pose aujourd’hui en RDC. L’Assemblée nationale demande aux élus de transmettre, au plus tard le 15 octobre 2026, les photos, vidéos et coûts de leurs réalisations dans leurs circonscriptions.
Dans un communiqué signé le 5 octobre par le rapporteur de la Chambre basse, Jacques Djoli Eseng’Ekeli, les députés sont invités à préciser la nature de chaque intervention : écoles, ponts, centres de santé, routes, œuvres sociales, actions humanitaires ou autres réalisations.
Ces informations doivent permettre à l’Assemblée nationale de préparer un document consacré aux réalisations des députés dans leurs bases électorales.
Cette initiative soulève toutefois une question de fond sur le rôle du parlementaire. La mission constitutionnelle du député est principalement de voter les lois et de contrôler l’action du gouvernement. La réalisation des infrastructures publiques relève, quant à elle, de la mise en œuvre de l’action publique par les institutions exécutives compétentes.
Dès lors, une interrogation s’impose : doit-on désormais mesurer le bilan d’un député à ses réalisations matérielles dans sa circonscription, ou à son travail législatif et à son rôle de contrôle de l’action gouvernementale ?
Écoles, routes, ponts ou centres de santé peuvent certes répondre à des besoins réels des populations. Mais la question de savoir qui finance, qui exécute et au nom de quelle institution ces ouvrages sont réalisés reste essentielle pour apprécier correctement le rôle de chaque acteur public.
Au-delà des images et des coûts réclamés aux élus, cette démarche ouvre donc un débat plus large sur la responsabilité des députés, les attentes des électeurs et la séparation des rôles entre le législatif et l’exécutif en RDC.
Ali Haddad
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