La sortie médiatique de l’ancien président Joseph Kabila continue de faire des vagues et suscite une réplique cinglante de la part de l'ambassadeur Jean-Thierry Monsenepwo. N'hésitant pas à établir un parallèle historique lourd de sens avec le maréchal Philippe Pétain, condamné en France pour haute trahison, le diplomate démonte point par point le narratif de l'ex-chef de l'État, dénonçant un positionnement politique pernicieux et un service rendu aux intérêts rwandais.
Langue, mensonges et connexions troubles : Les zones d'ombre d'une interview
Pour Jean-Thierry Monsenepwo, les déclarations de Joseph Kabila s'effondrent dès qu’on les confronte à la stricte réalité des faits :
° Un choix linguistique révélateur : Comment comprendre qu'un ancien président ayant dirigé durant dix-huit ans un pays francophone choisisse de s'exprimer en anglais ? Une posture interpretée comme un signal adressé en priorité aux communautés et alliés rwandais.
° Le mythe du pays unifié : Prétendre avoir légué un pays unifié relève de l'imposture, selon l'ambassadeur, qui pointe plutôt l'héritage de « traîtres à bord ».
° La nébuleuse du M23 et du FRN : Le rappel historique est implacable. En date du 6 juillet 2012, le haut commandement de la défense radiait 14 officiers des FARDC, parmi lesquels des figures telles que Biamungu et Sultani Makenga. Retrouver aujourd'hui ces mêmes hommes au cœur de l'appareil militaire de l'AFC-M23-RDF prouve, selon Monsenepwo, que la prétendue éradication du mouvement en 2012 n'était qu'une mise en scène.
Patrimoine et alternance : L'heure des comptes
L'interpellation se fait plus incisive lorsqu'il s'agit d'aborder la question des richesses accumulées et de la transition politique :
● L'origine d'un empire patrimonial : Après dix-huit années au sommet de l'État, le peuple congolais est en droit de savoir comment s'est bâtie cette immense fortune (fermes, propriétés, animaux exotiques) que les seuls émoluments présidentiels ne sauraient justifier.
● Le pouvoir appartient au peuple : Il est inadmissible de continuer à présenter, de concert avec Corneille Nangaa, la passation de pouvoir comme une faveur personnelle accordée à Félix Tshisekedi. L'alternance est le fruit de la volonté souveraine du peuple congolais, non d'une générosité politique.
Le lourd passif face aux avancées actuelles
Balayant les comparaisons hasardeuses entre les 18 ans de gouvernance de Kabila et les réalisations de l'ère Tshisekedi (marquée par la progression du budget, des réserves de change, des infrastructures ou de la gratuité de l'enseignement), Monsenepwo rappelle une vérité incontestable : on ne peut effacer près de deux décennies de gestion pour rejeter l'intégralité des difficultés nationales sur le successeur.
«Kagame est asphyxié par les sanctions qui tombent sur lui, et Kabila s’exprime pour le sauver. Est-il vraiment pour le peuple congolais ?»
En agissant ainsi, conclut l'ambassadeur, Joseph Kabila ne serait qu’un simple paravent tactique utilisé par Paul Kagame pour poursuivre la déstructuration de la République démocratique du Congo. Une dérive jugée intolérable qui appelle à un sursaut de clarté nationale.
RLM
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