Une nouvelle scène dramatique s’est jouée dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 septembre à la prison centrale de MANONO, dans la province du TANGANYIKA. Une tentative d’évasion a viré au bain de sang, laissant un détenu abattu et huit autres en fuite, selon les autorités locales.
D’après des sources sécuritaires, la mutinerie aurait été déclenchée par un groupe de détenus organisés, profitant d’un relâchement dans la surveillance nocturne. Lorsque les prisonniers ont tenté de franchir l’enceinte de l’établissement, les gardiens, en nombre réduit, ont ouvert le feu à la kalachnikov pour stopper la fuite. L’un des évadés, touché à l’abdomen, a succombé sur place, tandis que plusieurs autres auraient été blessés.
Une situation pénitentiaire critique
Au-delà de l’évasion, cette nouvelle crise met en lumière les conditions de détention déplorables à MANONO. Déjà tristement célèbre pour le nombre élevé d’évasions, la prison semble sombrer dans l’abandon.
«Cela fait presque une année que l’établissement n’est plus ravitaillé en vivres. Les prisonniers survivent grâce à leurs familles qui doivent payer des frais informels pour faire entrer de la nourriture», déplore Cyprien KITANGA KABALE, administrateur du territoire.
Un récent rapport d’une commission provinciale souligne également l’absence totale de soins médicaux, l’insalubrité et le surpeuplement comme facteurs aggravants.
Appel à une réforme urgente
Face à cette situation, les voix s’élèvent pour appeler à une réforme urgente du système pénitentiaire au Tanganyika. Car dans un contexte où les détenus sont privés de nourriture, de soins et de dignité, les tentatives d’évasion apparaissent comme des cris de détresse autant que des actes de survie.
Les huit fugitifs restent activement recherchés par les forces de sécurité, alors que la prison de Manono, censée être un lieu de réinsertion, continue d’être perçue comme un mouroir.
Ildephonse WILONDJA
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