Depuis plusieurs semaines, une série de publications émanant de certains médias internationaux tente d’imposer un récit alarmiste autour d’un prétendu contentieux financier entre la République démocratique du Congo et la société américaine PayServices Bank. Derrière l’apparence d’une enquête, les autorités congolaises dénoncent une opération d’influence soigneusement orchestrée.
Une narration à charge, sans fondement factuel
Selon ces médias, dont Africa Intelligence, la RDC serait empêtrée dans un différend financier majeur, marqué par des pressions politiques, des soupçons de corruption et des montants oscillant entre 20 et 72 millions de dollars. Une mise en cause directe de membres du gouvernement et de collaborateurs du chef de l’État est même suggérée.
Des accusations graves. Mais aucune preuve tangible.
Les faits officiels rétablissent la vérité
Les mises au point conjointes du Ministère des Finances et du Ministère du Portefeuille sont sans ambiguïté :
● Aucun dollar n’a été décaissé par l’État congolais ;
● Aucune prise de participation n’a été autorisée ;
● Aucune loi n’a été votée par le Parlement, condition pourtant impérative en droit congolais.
Le montant de 20 millions USD, souvent brandi, ne figurait que dans un protocole d’accord signé sous le précédent gouvernement, juridiquement irrégulier et donc inopposable à l’État.
PayServices : une “banque” qui n’en était pas une
Point central ignoré par les détracteurs de la RDC : PayServices n’avait pas la qualité juridique de banque, ni en RDC, ni même aux États-Unis.
Des autorités administratives et judiciaires américaines avaient formellement interdit à cette société d’exercer une activité bancaire et d’utiliser l’appellation « bank ».
Ces éléments déterminants n’avaient jamais été communiqués aux autorités congolaises lors de la signature du protocole. Pour Kinshasa, il s’agit clairement d’une manœuvre dolosive.
Pourquoi la RDC a refusé de payer
Le refus du Ministère des Finances repose sur trois motifs légaux majeurs :
1. L’interdiction faite à PayServices d’opérer comme banque ;
2. L’irrégularité du protocole au regard de la loi sur les finances publiques ;
3. L’absence totale d’autorisation parlementaire.
À cela s’ajoutent l’absence d’états financiers certifiés, d’audit indépendant et de toute valorisation crédible de la société.
Quand le droit résiste, la pression médiatique s’intensifie
C’est précisément après ce refus légal que surgissent, dans la presse internationale, des accusations de corruption et des chiffres fantaisistes évoquant jusqu’à 72 millions USD des montants sans aucun lien avec un flux financier réel.
Pour les autorités congolaises, le dossier PayServices révèle une stratégie bien connue : la pression par la réputation, visant à obtenir par l’opinion publique internationale ce que le droit a clairement refusé.
Une ligne rouge assumée par l’État
La RDC réaffirme son ouverture aux investisseurs sérieux, transparents et respectueux des lois. Mais elle fixe une ligne rouge non négociable :
la protection du Trésor public et la primauté du droit.
Dans cette affaire, aucun argent n’a quitté les caisses de l’État congolais.
En revanche, une bataille médiatique est bel et bien engagée et déjà décryptée par l’opinion nationale.
Rédaction
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