Pendant que l’Est de la République démocratique du Congo s’embrase, que les massacres se multiplient et que le M23 impose la terreur, un malaise persiste : le silence assourdissant de certaines voix pourtant influentes. Évêques, leaders d’opinion, figures politiques… beaucoup dénoncent la souffrance, mais évitent soigneusement de nommer l’agresseur.
Pour le journaliste Thierry Kambundi, ce mutisme n’est ni neutre ni innocent. Il devient, de fait, une forme de complicité morale.
Des faits établis, un agresseur connu
Les rapports des Nations unies sont pourtant clairs et documentés : le Rwanda soutient activement le M23, un instrument de déstabilisation utilisé contre la RDC. Malgré ces preuves, certains discours continuent de présenter le M23 comme un simple mouvement congolais, occultant les véritables centres de décision.
« Pourquoi tant de prudence ? Pourquoi refuser de nommer l’agresseur alors que les faits sont connus, établis et documentés ? », s’interroge Thierry KAMBUNDI.
«Uvira est occupée par qui ? Qui est à l’origine de cette tragédie ? Les décisions se prennent à Doha ou à Washington, pas à Goma ni à Bukavu», martèle-t-il.
Dénoncer les conséquences sans nommer les causes
Pour le journaliste, parler de paix sans désigner les responsables relève de l’hypocrisie. La compassion sans vérité ne protège ni les victimes ni la souveraineté nationale. Elle entretient plutôt la confusion et affaiblit la mobilisation collective.
Opposition politique : l’heure de la clarté
Thierry KAMBUNDI interpelle également les leaders de l’opposition :
Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga… que disent-ils de Corneille Nangaa et du rôle du Rwanda ?
Le courage politique, insiste-t-il, ne consiste pas à calculer, mais à dire clairement où se situe l’agression.
MUKWEGE, l’exception courageuse
Le journaliste salue néanmoins la position du Dr Denis MUKWEGE, qui a osé dénoncer le silence de l’Union africaine face au rôle du Rwanda, malgré son opposition au pouvoir en place. Une preuve, selon lui, que défendre la RDC ne signifie pas soutenir un régime, mais protéger une nation.
Une faute morale, une trahison historique
Pour Thierry KAMBUNDI, la conclusion est sans appel :
défendre la souveraineté de la RDC n’est pas un choix politique, c’est un devoir moral.
Se taire face à l’agression rwandaise, c’est trahir les victimes, l’histoire et la nation.
Le peuple congolais n’attend pas des silences prudents.
Il exige des voix courageuses.
Rédaction
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