Une scène pour le moins troublante s’est produite ce mardi à Bukavu. Des élèves du lycée Cirhezi et du collège Alfajiri ont été contraints de quitter précipitamment leurs établissements afin de libérer les lieux pour des réunions à caractère politique et stratégique, organisées par de hauts responsables de la coalition M23-AFC, appuyée par le RDF.
Selon plusieurs témoignages concordants, ces réunions ont nécessité la présence de nombreux officiers militaires et cadres civils, arrivés de différents axes, notamment Goma, le Rwanda et Kamanyola. Une situation qui a provoqué l’interruption brutale des cours, suscitant l’indignation des parents d’élèves et des acteurs de la société civile, qui dénoncent une instrumentalisation des espaces éducatifs à des fins politico-militaires.
D’après des indiscrétions recueillies sur place, cette agitation interne serait liée à une pression accrue des États-Unis et de la communauté internationale, exigeant la fin des activités de l’AFC-M23. Une pression diplomatique qui, selon ces sources, fragiliserait l’organisation et paralyserait ses capacités opérationnelles, l’obligeant à multiplier des réunions dites « stratégiques » dans les zones sous son influence.
Pour rappel, la rébellion avait récemment quitté la ville d’Uvira de manière présentée comme pacifique, avant que des actes de pillage ne soient signalés dans la foulée, une situation qui a finalement été maîtrisée par les forces gouvernementales.
L’expulsion d’élèves de leurs écoles à Bukavu relance le débat sur la protection des établissements scolaires en période de conflit et pose une question fondamentale : jusqu’où les groupes armés peuvent-ils aller sans compromettre l’avenir d’une génération déjà lourdement affectée par l’instabilité sécuritaire à l’Est de la RDC ?
Leroi SUMAIDI
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