RDC | CNC et souveraineté numérique : Jeune Afrique prise à son propre piège

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En voulant réduire le Conseil national de cyberdéfense (CNC) de la République démocratique du Congo à une simple manœuvre « politique », Jeune Afrique s’est enfermée dans une contradiction majeure. Car dans sa propre enquête, le média reconnaît l’essentiel : le CNC surveille activement les réseaux sociaux, intercepte des communications via WhatsApp et s’est doté d’équipements techniques de pointe.

Une réalité difficile à balayer d’un revers de main. Aucun État n’investit dans des outils sophistiqués d’écoute et d’analyse numérique pour faire du bavardage politicien. Ces technologies sont mobilisées lorsque les données deviennent des preuves, lorsque le numérique engage des responsabilités, et lorsque la sécurité nationale est en jeu.
En cherchant à discréditer le CNC, Jeune Afrique confirme paradoxalement l’inverse : le cyberespace est désormais un champ de bataille sécuritaire. Les réseaux sociaux ne sont plus un espace neutre, encore moins sans conséquences.

Ce que le magazine feint de découvrir en RDC, les médias occidentaux l’ont déjà démontré ailleurs. En Europe, TF1 a mis en lumière des affaires où de simples interactions numériques ont provoqué des chutes spectaculaires. Le cas du patron du groupe EBRA, contraint à la démission pour de simples likes sur LinkedIn, en est une illustration frappante : le numérique engage, expose et sanctionne.

Aux États-Unis, la doctrine est encore plus claire. Hackers, lanceurs d’alerte et groupes parrainés par des États sont traqués pour cyberespionnage, cyberattaques et fuites d’informations sensibles, considérées comme des menaces directes à la sécurité nationale. Des figures emblématiques comme Kevin Mitnick, Aaron Swartz, MafiaBoy ou Jonathan James incarnent l’ère des pirates individuels, tandis que des entités étatiques chinoises (Volt Typhoon), iraniennes ou russes mènent aujourd’hui des opérations ciblant infrastructures critiques, entreprises stratégiques et processus électoraux.

À cette liste s’ajoute Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, poursuivi pour espionnage après la publication de centaines de milliers de documents classifiés sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Menacé de 175 ans de prison, passé par l’asile et l’incarcération, il n’a retrouvé la liberté qu’en 2024, à la faveur d’un accord judiciaire avec les États-Unis.

Du hacker solitaire au journaliste-lanceur d’alerte, du cybercriminel aux États, le numérique est devenu un enjeu géopolitique majeur, où un clic, un partage ou une fuite peuvent produire des conséquences judiciaires et diplomatiques considérables.

Dès lors, une question s’impose : pourquoi ce qui est admis en France ou aux États-Unis serait-il qualifié de “répression” en RDC ? Pourquoi un État occidental peut-il encadrer, surveiller et sanctionner le numérique, tandis qu’un État africain devrait fermer les yeux au nom d’une liberté à géométrie variable ?
La vérité est implacable : le CNC n’est pas une police politique, mais un outil de souveraineté numérique, dans un contexte de guerre hybride, de terrorisme informationnel et d’infiltrations organisées depuis des années.

Cliquer n’est pas innocent.
Partager n’est pas neutre.
Liker, c’est déjà prendre position.
Jeune Afrique peut tenter de brouiller les pistes. Les faits, eux, parlent d’eux-mêmes : l’ère de l’impunité numérique est révolue.

Rédaction 

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