À Uvira, le général autoproclamé des Wazalendo, William AMURI YAKATUMBA, est sorti de sa réserve pour livrer ce qu’il qualifie de vérités longtemps étouffées sur l’ancien président Joseph KABILA, qu’il désigne sans détour sous le nom de Hyppolite Kanachien, son identité civile.
«Les Kivu abandonnés à des intérêts rwandais»
Dans une déclaration qui fait déjà grand bruit, YAKATUMBA accuse ouvertement l’ancien chef de l’État d’avoir abandonné le Nord et le Sud-Kivu à des intérêts rwandais, à travers des accords secrets impliquant le CNDP et, plus tard, le FCC, plateforme politique qui a dominé la scène congolaise après 2018.
Selon lui, ces arrangements auraient ouvert la voie à une érosion progressive de la souveraineté nationale, facilitant l’enracinement de groupes armés et de réseaux étrangers au cœur même du territoire congolais.
Huit ans de pouvoir, huit ans d’abandon
Le chef Wazalendo dresse un bilan sévère des années KABILA : abandon des populations de l’Est, livrées à l’insécurité chronique; paralysie de l’État, incapable d’imposer son autorité, et cession déguisée de la souveraineté nationale, au profit d’intérêts extérieurs.
Pour YAKATUMBA, ces huit années constituent un lourd héritage, dont les conséquences continuent de se faire sentir sur le terrain, notamment dans les zones frontalières.
Tshisekedi, symbole de la rupture
Face à ce qu’il qualifie de « trahison historique », William AMURI YAKATUMBA oppose la posture du président TSHISEKEDI, présenté comme l’incarnation de la rupture avec les pratiques du passé.
Il salue notamment :
• le refus catégorique de toute balkanisation de la RDC,
• la fermeté affichée sur la question de l’intégrité territoriale,
• et la volonté de reprendre le contrôle de l’appareil sécuritaire de l’État.
Un contraste assumé entre, selon lui, «un régime de compromission» hier, et «une ère de résistance nationale» aujourd’hui.
«Hier la trahison, aujourd’hui la résistance»
La conclusion de YAKATUMBA se veut à la fois politique et populaire :
«Le peuple a désormais compris les enjeux»
Pour le chef Wazalendo, la prise de conscience est réelle. Les Congolais, affirme-t-il, savent désormais qui a livré le pays et qui tente de le défendre. Reste à savoir si ces déclarations provoqueront une réponse du camp Kabila, ou si elles marqueront un tournant supplémentaire dans la bataille du récit autour de la crise persistante dans l’Est de la RDC.
Fatshi BWANGA
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