RDC | Kalemie à l’arrêt : la FEC déclenche des journées « ville morte », la société civile riposte et appelle à plus de modération

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Les commerçants ont boycotté la ville dès ce mardi 20 janvier 2026, indignés par des scandales persistants à Kalemie, dans la province du Tanganyika. Les journées « ville morte » décrétées par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) ont connu un large succès : magasins, boutiques, pharmacies et principales artères économiques sont restés fermés, symbole d’une colère généralisée.

Les commerçants dénoncent une insécurité rampante ainsi que l’installation annoncée d’un péage urbain au port public de Kalemie, jugé contraire à la loi, laquelle fixe le seuil minimal à 15 km du centre-ville.
«C’est une rançon imposée à la population», confie une source parlementaire, pointant l’absence de retombées fiscales visibles dans le quotidien des riverains.

Une présumée injustice fiscale dénoncée

À noter que les péages routiers au Tanganyika continuent d’alimenter le ras-le-bol et de susciter de vives protestations parmi les automobilistes. Les motocyclistes, après avoir bénéficié d’un sursis d’un an sur la taxe de péage, cristallisent à leur tour la colère à l’annonce du retour de ce prélèvement fiscal. Beaucoup restent inflexibles : pas un centime sans la réhabilitation préalable des routes dégradées.

Dans un contexte d’insécurité croissante à Kalemie, la FEC dénonce des nuits régulièrement troublées par des fusillades, attribuées à des voleurs en série, responsables de blessés, de morts et de vols portant sur des montants considérables et des biens de valeur, dans un climat qualifié d’impunité totale.

La société civile prend ses distances

La société civile se démarque toutefois de la stratégie de la FEC, estimant qu’une ville morte est inopportune dans un contexte économique déjà fragile. Pour les organisations citoyennes, contraindre des commerçants vivant souvent des revenus journaliers à fermer leurs activités est injustifiable.

Elles appellent plutôt à une action plus mesurée, notamment l’organisation d’un sit-in devant la mairie, afin de faire entendre les revendications sans asphyxier davantage l’économie locale.

Ildephonse WILONDJA 
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