Dans le tumulte des grandes affiches africaines, l’arbitrage devient trop souvent le bouc émissaire idéal. À peine le coup de sifflet final retentit-il que les réseaux sociaux s’embrasent, que les procès d’intention s’enchaînent et que la réalité des faits se dissout dans la passion partisane. Le match opposant le Maroc au Sénégal n’a pas échappé à cette dérive.
Il est pourtant essentiel de rappeler une vérité simple, mais fondamentale : Jean-Jacques Ndala n’a jamais invalidé un but sénégalais. Il a sifflé une faute avant même que l’action n’aboutisse au but. Cette précision change tout. Une faute préalablement signalée met fin à l’action. Dès lors, la VAR n’a ni compétence ni raison d’intervenir, puisque le jeu était déjà arrêté. Parler de “but refusé par la VAR” relève donc d’une lecture erronée des Lois du jeu.
La VAR, faut-il encore le rappeler, n’est pas une instance de re-arbitrage permanent. Son champ d’intervention est strict, balisé, limité à des situations bien définies. En dehors de ce cadre, l’arbitre central reste seul maître de la décision. En l’espèce, la faute sifflée en amont ne figurait en aucune manière parmi les cas éligibles à une révision vidéo. Le débat aurait dû s’arrêter là.
Sur l’action du penalty accordé au Maroc, la polémique a également pris le pas sur l’analyse. L’unique angle proposé par la VAR a montré, sans ambiguïté, l’existence d’une faute. Contact réel, action irrégulière, sanction logique. Que cette décision déplaise n’enlève rien à sa justesse. Le football se juge sur les faits, pas sur les émotions.
Au-delà des décisions techniques, il convient de saluer la prestation globale de Jean-Jacques Ndala. Dans un match à haute intensité, chargé d’enjeux et de tensions, l’arbitre congolais a fait preuve de sang-froid, d’autorité et de cohérence. Gérer deux grandes nations du football africain exige bien plus que la simple connaissance du règlement : cela requiert de la personnalité, du courage et une lecture fine du jeu.
Défendre l’arbitrage juste, ce n’est pas prendre parti pour une équipe. C’est défendre l’équité, la crédibilité de nos compétitions et le respect des acteurs du jeu. Le football africain a besoin de débats, oui, mais surtout de débats honnêtes, fondés sur les règles et non sur la rumeur.
Quand l’arbitre fait bien son travail, il faut aussi savoir le dire.
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