Front diplomatique sous haute tension : l’Élysée, l’ONU et la MONUSCO au cœur du bras de fer stratégique autour de la RDC

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Une intense activité diplomatique se dessine autour de la République démocratique du Congo, marquée par des prises de parole de haut niveau, des consultations techniques sur la MONUSCO et une coordination internationale accrue en faveur de la paix dans l’Est du pays.

Genève, New York : la diplomatie congolaise en première ligne

Après son intervention remarquée lors d’une réunion de haut niveau du Conseil des droits de l’homme à Genève (Suisse), le lundi 24 février 2026, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Coopération internationale et Francophonie, Thérèse KANYIKWAMBA WAGNER, est attendue pour une nouvelle séquence diplomatique majeure.
Elle doit en effet s’exprimer devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York le mardi 3 mars 2026, dans un contexte où la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC reste au centre des préoccupations internationales.

Tête-à-tête Tshisekedi – Macron à l’Élysée

Dans le même élan, le Président de la République démocratique du Congo, TSHISEKEDI, partenaire stratégique des États-Unis, doit rencontrer en tête-à-tête au Palais de l’Élysée le Président français Emmanuel MACRON.

Cette rencontre vise une évaluation technique du mandat de la MONUSCO, ainsi que l’examen des modalités de reprise des vols humanitaires à l’aéroport international de Goma, infrastructure cruciale pour l’assistance aux populations affectées par le conflit dans l’Est.

La France, porte-plume sur plusieurs textes relatifs à la RDC au Conseil de sécurité, joue un rôle central dans la rédaction et le suivi des résolutions onusiennes liées au maintien de la paix.

Mission discrète de l’émissaire français à Kinshasa

En amont de cette séquence diplomatique, l’envoyé spécial de la France pour la région des Grands Lacs, Emmanuel Cohet, a effectué une mission discrète de 48 heures à Kinshasa du 16 au 17 février 2026.

Accompagné de l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, il a été reçu par plusieurs membres du gouvernement congolais, notamment la vice-ministre des Affaires étrangères, Mme Noëlla AYEGANAGATO NAKWIPONE.

Les échanges ont porté sur :

• l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC ;
• le suivi des conclusions de la Conférence internationale de Paris sur les Grands Lacs ;
• la coordination des initiatives diplomatiques (Luanda, Nairobi, Washington, Doha) en cohérence avec les efforts de l’Union africaine.

Suivi humanitaire et réouverture de l’aéroport de Goma

Sur le plan humanitaire, la France a rappelé le suivi des engagements pris lors de la conférence de Paris du 30 octobre, notamment :

• l’état de décaissement des promesses de dons ;
• leur destination effective ;
• l’engagement français en faveur de la réouverture de l’aéroport de Goma.

Cette question a également été examinée à la suite de la récente visite de la cheffe par intérim de la MONUSCO à Goma, dans la perspective de relancer les vols humanitaires essentiels à l’assistance d’urgence.

Résolution 2808 (2025) : la MONUSCO sous évaluation en mars

En décembre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité la résolution 2808 (2025), prorogeant jusqu’au 20 décembre 2026 le mandat de la MONUSCO.
Trois mois après son adoption, une évaluation est prévue en mars 2026, notamment sur :

• la mise en place du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu ;
• l’efficacité opérationnelle de la mission dans les zones de tension ;
• le soutien aux efforts de paix dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Le Conseil de sécurité attend par ailleurs, au plus tard le 1er mars 2026, un rapport du Secrétaire général de l’ONU détaillant les progrès accomplis ainsi que des propositions concrètes, réalistes et opérationnelles pour renforcer l’appui de la MONUSCO à la mise en œuvre du cessez-le-feu.

Paris soutient les initiatives diplomatiques régionales

Paris a réaffirmé son soutien aux processus diplomatiques en cours, notamment ceux de Washington, Doha, Luanda et Nairobi, considérés comme des leviers essentiels pour le rétablissement durable de la paix dans l’Est de la RDC.

Selon la diplomatie française, ces initiatives doivent rester concertées avec les autorités congolaises, dans un esprit de coordination stratégique avec l’Union africaine, la médiation togolaise et les organisations sous-régionales.

Dans cette optique, la résolution 2808 (2025) vise à placer la MONUSCO en première ligne du soutien aux efforts de paix, reflétant, selon Paris, une volonté de compromis entre les différentes positions exprimées lors des négociations internationales, tout en renforçant les mécanismes de vérification du cessez-le-feu dans les zones les plus affectées par les tensions sécuritaires.

Rédaction 
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