La tension monte d’un cran sur la scène politico-religieuse en République démocratique du Congo. Une déclaration virulente attribuée au pasteur Paul MUKENDI secoue l’opinion publique et relance le débat sur le rôle politique de la CENCO dans la vie nationale.
Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux, l’homme de Dieu accuse frontalement la hiérarchie catholique congolaise d’avoir perdu toute crédibilité morale et politique, allant jusqu’à qualifier la CENCO de structure « composée de voyous », des propos qui provoquent une onde de choc.
Une charge directe contre le pouvoir et l’Église
Selon Paul MUKENDI, la situation actuelle du pays exige une rupture claire. Il affirme que le président Félix Tshisekedi « n’a plus de mandat » et devrait, selon lui, « mettre fin à sa mission ». Mais au-delà du pouvoir exécutif, la critique la plus virulente vise l’Église catholique et son influence politique.
Le pasteur s’en prend nommément à Fridolin Ambongo, figure centrale de l’épiscopat congolais, qu’il accuse d’incarner une dérive morale et politique incompatible avec la mission spirituelle de l’Église.
La CENCO, arbitre moral ou acteur politique ?
Depuis plusieurs années, la CENCO joue un rôle central dans les processus électoraux, la médiation politique et les prises de position publiques. Pour ses défenseurs, elle reste une conscience critique face aux dérives du pouvoir. Pour ses détracteurs, elle serait devenue un acteur politique à part entière, usant de son autorité religieuse pour peser sur les choix nationaux.
Les propos de Paul MUKENDI s’inscrivent dans ce courant de contestation qui accuse l’institution ecclésiastique de sortir de son rôle pastoral pour s’ériger en force politique non élue.
Une déclaration qui divise l’opinion
Sur les réseaux sociaux, la réaction est immédiate et polarisée. Certains saluent un discours de « vérité crue », estimant que l’Église doit être interpellée sans complaisance.
D’autres dénoncent des propos irresponsables, dangereux pour la cohésion nationale et le vivre-ensemble interconfessionnel.
Un signal d’alarme pour le débat national
Cette sortie médiatique illustre une réalité préoccupante : la radicalisation du discours public en RDC. À mesure que les institutions politiques et morales sont contestées, le pays semble entrer dans une zone de turbulence où chaque acteur est sommé de justifier sa légitimité.
Une chose est sûre : cette déclaration ne restera pas sans réponse et risque d’alimenter durablement le débat sur la place de l’Église, du pouvoir et des leaders religieux dans l’avenir politique du Congo.
Fatshi BWANGA
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