RDC – François RUBOTA démonte les justifications de Kigali après l’interview d’Olivier Nduhungirehe sur RFI

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La crispation diplomatique entre Kinshasa et Kigali s’intensifie, sur fond de tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo. À la suite de l’interview accordée par le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, sur les antennes de Radio France Internationale, le responsable congolais François RUBOTA MASUMBUKO a livré une réplique ferme, déconstruisant méthodiquement les arguments avancés par Kigali pour justifier sa posture vis-à-vis de la crise sécuritaire congolaise.

Des arguments sécuritaires contestés

Dans son intervention médiatique, la diplomatie rwandaise a évoqué plusieurs éléments pour soutenir sa position, notamment la présence présumée des FDLR sur le sol congolais, des bombardements visant des positions du M23, des violences contre les Banyamulenge ainsi que la montée de discours de haine.

François Rubota, quant à lui, exige des preuves vérifiables et documentées, estimant que ces accusations restent souvent générales et insuffisamment étayées. Il appelle Kigali à fournir des données précises sur la localisation, l’identité et l’effectif des combattants FDLR évoqués, soulignant que l’argument sécuritaire ne peut se fonder sur des affirmations non corroborées dans un contexte aussi sensible.

La question controversée des « positions du M23 »

Autre point majeur de sa réplique : la notion de « positions du M23 » mentionnée par Kigali. Pour RUBOTA MASUMBUKO, cette formulation soulève une ambiguïté fondamentale quant à la nature réelle des cibles évoquées et à la relation supposée entre ces positions et le Rwanda.

En interrogeant publiquement leur localisation et leur statut, il met en doute la légitimité d’une appropriation indirecte de ces positions par Kigali, dans un conflit qui se déroule officiellement sur le territoire congolais.

Protection des Banyamulenge : un argument rejeté

Concernant la justification liée à la protection des Tutsi congolais, en particulier la communauté banyamulenge, François Rubota récuse toute demande d’assistance étrangère. Il rappelle que plusieurs personnalités banyamulenge, dont Alexis Gisaro et Enock Ruberangabo, n’ont jamais appelé à une intervention extérieure au nom de leur communauté.

Selon lui, la province du Sud-Kivu reste marquée par une tradition de cohabitation intercommunautaire, notamment dans les territoires d’Uvira et de Fizi, où des figures banyamulenge ont accédé à des responsabilités politiques avec le soutien d’autres composantes locales, preuve d’un tissu social historiquement interdépendant.

Une lecture partagée au niveau régional

La prise de position de Rubota fait également écho à celle du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui a récemment estimé que la stabilité régionale aurait été plus avancée sans les interventions répétées attribuées au Rwanda dans l’est de la RDC.

Cet échange public met en lumière l’ampleur du désaccord stratégique entre Kinshasa et Kigali, dans un contexte sécuritaire toujours fragile, où la bataille diplomatique se joue désormais autant sur le terrain médiatique que sur le plan géopolitique.

Fatshi BWANGA 

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