RDC | IBALANKY à GOMA : sous le poids des accusations, la justice entame la procédure?

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La présence de Claude Ibalanky aux côtés de Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, figures associées à l’AFC/M23, a provoqué une onde de choc dans l’opinion congolaise.

Ancien ambassadeur itinérant honoraire du Chef de l’État et ex-coordonnateur du suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, Ibalanky apparaît désormais au grand jour dans le camp des mouvements hostiles à l’État congolais.

Pour plusieurs observateurs, il ne s’agirait pas d’un simple ralliement récent, mais de la confirmation d’un positionnement ancien, longtemps dissimulé derrière des fonctions officielles et des discours de façade.

Un “dialogue” qui interroge

Alors que Claude Ibalanky évoque aujourd’hui la nécessité d’un « dialogue », cette prise de parole suscite de fortes réserves. De quel dialogue peut-il être question, s’interrogent de nombreux analystes, lorsque l’AFC/M23 est régulièrement présenté par Kinshasa et par plusieurs rapports internationaux comme une milice soutenue et instrumentalisée par le Rwanda ?
Dans ce contexte, ses appels au dialogue sont perçus par ses détracteurs comme une tentative de légitimation politique d’un mouvement armé accusé de graves exactions à l’Est de la RDC.

Un parcours jalonné de soupçons

Ancien cadre proche du PPRD, Claude Ibalanky a intégré l’entourage du président Félix Tshisekedi par l’entremise de Fortunat Bifort Biselele, ex-conseiller présidentiel aujourd’hui condamné, et de Yan Mfumuti. Tous deux sont cités par diverses sources comme ayant entretenu des relations étroites avec Kigali.
Dès sa nomination à des fonctions sensibles, des soupçons ont émergé quant à son rôle réel. Selon des sources concordantes, il aurait été suspecté très tôt d’agir comme relais d’informations au profit du Rwanda, notamment lors des travaux préparatoires de la SADC à Lilongwe, en amont du 42ᵉ Sommet tenu à Kinshasa. Un sommet stratégique, marqué par l’accession de la RDC à la présidence tournante de l’organisation, une évolution alors jugée défavorable par Kigali.

Des liens présumés avec l’appareil sécuritaire rwandais

Toujours selon ces sources, Claude Ibalanky aurait été en contact régulier avec plusieurs hauts responsables militaires et sécuritaires rwandais, parmi lesquels sont cités Vincent Nyakarundi, Andrew Nyamvumba, Anaclet Kalibata, Jean Bosco Kazura ou encore Joseph Nzabamuita.
Andrew Nyamvumba lui aurait notamment transmis un document présenté comme un « plan de stabilisation », que Ibalanky aurait tenté de promouvoir en RDC, tandis que Vincent Nyakarundi aurait été impliqué dans des opérations de recrutement du M23 dans certains camps de réfugiés.
Ces éléments, bien que contestés par l’intéressé et ses proches, alimentent depuis plusieurs années l’hypothèse d’un double jeu.

Éviction et basculement

D’après des sources proches des cercles institutionnels, la mise à l’écart progressive de Claude Ibalanky des sphères décisionnelles congolaises serait intervenue après la prise de conscience de l’ampleur de ces soupçons. Son éviction aurait précédé, et non provoqué, son basculement assumé vers les mouvements hostiles à l’État congolais.
Sa présence à Goma, aux côtés des dirigeants de l’AFC/M23, est aujourd’hui interprétée comme l’aboutissement logique de ce processus.

Un précédent dans la diaspora

En Afrique du Sud, où il a dirigé le Congolese National Congress (CNC), Claude Ibalanky avait déjà suscité de vives controverses. Se présentant à la fois comme cadre du PPRD et responsable du CNC, il avait unilatéralement rattaché ce mouvement au PPRD sans consultation des membres fondateurs, provoquant une rupture avec une partie importante de la diaspora congolaise.
Après ces départs, plusieurs anciens membres affirment que la structure a progressivement été investie par des ressortissants rwandais, renforçant les soupçons d’une instrumentalisation politique au service d’intérêts étrangers.

Un mode opératoire constant

Opacité dans la gestion, centralisation des décisions, dissimulation d’alliances et mépris des mécanismes démocratiques internes : ces traits reviennent de manière récurrente dans les témoignages d’anciens collaborateurs. Certains décrivent un profil marqué par l’opportunisme et l’ambition personnelle, au détriment de la loyauté nationale.

Un contexte régional explosif

Enfin, des analystes soulignent que le renforcement de la coopération sécuritaire entre la RDC et ses partenaires internationaux, notamment avec l’arrivée annoncée de l’AFRICOM, aurait accru les tensions avec Kigali. Dans cette lecture, la réactivation du M23 et la réapparition publique de figures longtemps discrètes comme Claude Ibalanky s’inscriraient dans une stratégie régionale plus large.
Une chose est sûre : pour une grande partie de l’opinion congolaise, le voile est désormais levé.
La vigilance reste de mise.

Rédaction 

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