En République démocratique du Congo, le débat politique est trop souvent enfermé, depuis quelques années, dans une opposition de personnes : Joseph KABILA KABANGE contre Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO.
Pourtant, cette polarisation masque l’essentiel, à en croire Ir Jacques MBAYO KALONDA, Président de la Synergie desJeunes Leaders Congolais.
Pour lui, le véritable enjeu du pouvoir congolais n’est pas électoral, il est structurel et minier.
Au cœur du pouvoir : les ressources naturelles
La question fondamentale n’est pas qui gouverne, mais qui contrôle les minerais stratégiques, selon quelles règles,
avec quel niveau de transparence,
et au profit de qui.
Selon Jacques MBAYO, le cobalt, le cuivre et le coltan placent la RDC au centre de la géopolitique mondiale. Mais cette richesse devient une vulnérabilité lorsque les accords sont opaques et les institutions affaiblies.
La souveraineté ne se proclame pas : elle se protège juridiquement.
L’État de droit, vrai baromètre de la démocratie
Un pays ne tombe pas d’abord par invasion, mais par érosion institutionnelle, renchérit-il, lorsque les procédures parlementaires sont contournées, les contrats publics échappent au contrôle citoyen, les institutions deviennent symboliques,
le problème dépasse les dirigeants. Il devient systémique.
Le Code minier : loi forte, résultats faibles ?
La réforme du Code minier de 2018 a renforcé la position de l’État face aux multinationales. Mais une question demeure centrale :
ces recettes ont-elles transformé durablement la vie des Congolais ?
La souveraineté économique ne se mesure pas aux textes votés, mais à l’industrialisation, à l’emploi et à l’amélioration des services publics.
Ce que la jeunesse doit comprendre
La lutte politique congolaise reste liée au contrôle des ressources. Tant que l’économie dépendra essentiellement des minerais, le pouvoir restera minier, quel que soit le visage au sommet de l’État.
La maturité politique impose de dépasser le culte de l’homme fort et d’exiger la transparence des contrats miniers, la publication des accords internationaux, un contrôle parlementaire réel, des audits indépendants des revenus extractifs, précise le Baba de la Jeunesse congolaise.
Un choix stratégique pour l’avenir
La jeunesse congolaise doit sortir du piège de la polarisation et investir le terrain technique et institutionnel : droit minier, économie des ressources, gouvernance publique.
Le Congo ne sera pas sauvé par un homme providentiel, mais par une génération capable de comprendre le système, d’en maîtriser les règles et d’exiger la redevabilité.
Fatshi BWANGA
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