Alors que l’Est de la République démocratique du Congo continue de subir les affres de l’agression armée et de l’occupation de certaines localités, la récente sortie médiatique du professeur Modeste Bahati Lukwebo sur la Constitution suscite une vague de critiques plus profondes que le simple débat institutionnel.
«Si ceux qui ont 60 ou 50 ans ne sont pas matures, comment voulez-vous qu’une Constitution de 17 ans soit vieille ?»
Une formule habile. Mais pour de nombreux observateurs, elle apparaît déconnectée des priorités nationales.
Un silence troublant face à l’agression
Dans un contexte où l’opinion attend des leaders politiques des positions claires et fermes contre l’agression dont est victime le pays, certains analystes notent que BAHATI LUKWEBO s’est montré particulièrement discret sur la question sécuritaire.
Peu ou pas de déclarations fortes condamnant explicitement l’agression.
Peu de prises de position offensives en soutien aux Forces armées engagées au front.
Ce silence contraste avec son empressement à intervenir sur le débat constitutionnel, un sujet sensible mais secondaire au regard des urgences sécuritaires actuelles.
Ce décalage soulève une question simple :
peut-on prétendre donner des leçons institutionnelles sans afficher une posture ferme et constante sur l’intégrité territoriale ?
Une constance politique difficile à établir
Au-delà du débat constitutionnel, certains critiques rappellent que le parcours politique de BAHATI LUKWEBO a été marqué par des repositionnements successifs au gré des majorités.
Passé par différentes alliances, parfois en rupture puis en rapprochement stratégique, il n’a pas toujours incarné, selon l'opinion, une ligne politique claire et stable.
Dès lors, sa posture actuelle de gardien de la stabilité constitutionnelle est perçue par certains comme paradoxale.
Un modèle politique, soutiennent ses contradicteurs, se définit par :
• La constance dans les convictions ;
• La clarté face aux crises majeures ;
• La capacité à transcender les intérêts partisans en période de guerre.
Or, dans l’imaginaire d’une partie de l’opinion, Bahati n’aurait pas toujours répondu à ces critères.
Un débat mal calibré ?
Relancer la question de la maturité des dirigeants versus l’âge de la Constitution peut apparaître comme une réflexion théorique pertinente.
Mais dans un pays en guerre, où des milliers de citoyens sont déplacés et où les institutions doivent afficher un front uni, la priorité nationale semble ailleurs.
Pour les congolais, la véritable maturité politique ne réside pas dans les analogies rhétoriques, mais dans :
• La défense sans ambiguïté de la souveraineté nationale ;
• Le soutien actif à l’effort de guerre ;
• La mobilisation politique autour de l’unité.
Patriotisme et exemplarité
Le reproche le plus sévère formulé à l’encontre de BAHATI Lukwebo n’est pas d’avoir défendu la stabilité constitutionnelle.
C’est de l’avoir fait sans, au préalable ou en parallèle, adopter une posture publique forte contre l’agression qui frappe la RDC.
En période de crise existentielle pour la nation, les paroles sont scrutées.
Le patriotisme ne se proclame pas seulement dans les discours académiques ; il se démontre dans les priorités que l’on choisit de mettre en avant.
Le débat constitutionnel peut attendre.
La souveraineté, elle, ne le peut pas.
Fatshi BWANGA
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