Il y a ceux qui construisent des routes, érigent des écoles, fondent des universités et engagent des réformes durables. Et puis, il y a Joseph Kabila. Selon ses détracteurs, l’ancien président semble aujourd’hui s’être reconverti dans un tout autre registre : celui des albums photos soigneusement mis en scène.
À chaque apparition aux côtés d’une personnalité d’envergure, l’objectif paraît clair, tenter de raviver une légitimité politique en berne. Comme si le prestige des autres pouvait combler un vide devenu trop visible.
Une stratégie que certains observateurs rapprochent d’un phénomène bien connu en psychologie : le narcissisme compensatoire. À Kinshasa, l’expression populaire est plus directe : “Matalana”, s’accrocher aux autres pour exister.
Derrière cette critique se dessine une accusation plus profonde : celle d’un décalage entre l’image projetée et l’héritage réel. Là où certains revendiquent des réalisations concrètes, infrastructures, institutions, réformes, Kabila est désormais réduit, à entretenir une présence symbolique à travers des clichés.
Le contraste est volontairement tranché : d’un côté, un pays qui avance, porté par des actions tangibles ; de l’autre, une figure politique accusée de s’enfermer dans une communication visuelle sans substance. “Les photos font du bruit, mais elles ne bâtissent rien”, résument certains critiques, pour qui le développement d’une nation ne se mesure ni en flashes ni en filtres.
Reste que cette lecture, aussi sévère soit-elle, s’inscrit dans un climat politique de bilan palpable sur terrain.
Entre mise en scène et bilan historique, le débat autour de l’héritage de Joseph Kabila est loin d’être clos, mais il se joue désormais autant dans l’opinion que dans les faits.
Karaj-a-Ntang
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