Quand Nehemia Mwilanya ose évoquer une prétendue « tyrannie » de Félix Tshisekedi à partir de la mort du général Sikatenda, cela relève moins de l’analyse que d’une provocation politique.
Car enfin, de qui se moque-t-on ?
Où était cette soudaine passion pour les droits humains lorsque, sous Joseph Kabila, des officiers de la résistance étaient méthodiquement éliminés, parfois dans des conditions opaques, souvent dans un silence complice ?
L’histoire du Congo ne commence pas aujourd’hui, et encore moins au gré des intérêts politiques du moment.
Des noms ? Ils sont connus, mais volontairement oubliés : les généraux Lwetcha, Madoa-Madoa, Bidalira, Ruharara, Bahuma, Mbuja Made, Agolowa, Amisi, Karinkongo… et toute une série de colonels, de Mamadou à Wasakala.
Des hommes qui avaient combattu depuis le maquis aux côtés de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Des patriotes. Des résistants. Des gênants aussi, manifestement.
Leur tort ? Ne pas entrer dans certaines logiques de pouvoir.
Le général Amuri Yakutumba n’a dû sa survie qu’à un choix radical : retourner dans le maquis pour échapper à une élimination programmée. Voilà la réalité que certains veulent effacer.
Et aujourd’hui, les mêmes cercles ou leurs héritiers politiques tentent de réécrire l’histoire en se posant en donneurs de leçons ? C’est non seulement indécent, c’est insultant pour la mémoire collective.
Plus grave encore : certains discours actuels flirtent dangereusement avec une stigmatisation des officiers swahiliphones au sein de l’armée. Une dérive irresponsable qui alimente les divisions et trahit une ignorance abyssale de l’histoire militaire du pays. Appelons les choses par leur nom : c’est du « BICUCU », une posture vide, déconnectée des réalités.
La vérité dérange, mais elle est têtue : à une certaine époque, seuls les officiers issus du RCD-Goma bénéficiaient d’une protection réelle, à condition de rester alignés sur des intérêts extérieurs. Ceux qui osaient sortir du rang étaient purement et simplement éliminés. Le cas du général Sylvain Mbuki en est une illustration brutale.
Et pendant ce temps, des aberrations choquantes devenaient la norme : un capitaine rwandophone mieux équipé qu’un colonel congolais contraint de marcher à pied. Voilà le système que certains refusent aujourd’hui d’assumer.
Alors non, Mwilanya ne peut pas parler de tyrannie sans répondre de ce passé.
Non, on ne peut pas instrumentaliser la mort d’un officier aujourd’hui tout en ayant fermé les yeux hier sur des purges entières.
La vérité est simple : il ne s’agit pas ici de justice ou de principes, mais d’une indignation à géométrie variable dictée par des intérêts politiques.
Et cela, le peuple congolais commence à ne plus l’accepter.
Karaj-A-Ntang
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