RDC | Tanganyika sous tension : Kitungwa, symbole d’une rupture profonde et d’un clash institutionnel

Kit-infos.net
0
Entre les fidèles et les déçus, la fracture s’élargit autour de la gouvernance de Christian Kitungwa Muteba.
Mercredi 6 mai, des femmes en colère contre une gestion «erratique» ont battu le pavé jusqu'à l'assemblée provinciale, réclamant à cor et à cri la destitution du gouverneur.  
Ce jeudi 07 mai, les soutiens du chef de l'exécutif ont contre-attaqué, fustigeant les marionnettistes politiques et criant à la cabale orchestrée par des députés rivaux aux faux griefs.

Les protestataires, réunies dans le cadre de cette mobilisation féminine, accusent le gouverneur de passivité face à l'insécurité galopante, aux routes en ruine et à l'envolée des frais de transport, qui plombe les prix des produits essentiels. Les spoliations de terres villageoises et les arriérés de paie des agents de l'État complètent le tableau des reproches. 

«Pure invention !», clament les partisans de Kitungwa, qui réfutent les allégations de gestion défaillante, qualifiant ces critiques de «complot politique» et rappelant les «progrès notables» impulsés par le chef de province. 

«Nous condamnons avec fermeté les tentatives de désinformation, les accusations mensongères et les mises en scène orchestrées contre Christian Kitungwa. Le Tanganyika mérite mieux que les quérelles politiciennes», ont-ils écrit dans leur mémorandum.

Face au péril d'une déstabilisation provinciale pilotée par des forces aux motivations occultes, ce mouvement populaire spontané, regroupant diverses couches sociales, a convergé vers l'Assemblée provinciale pour appeler au maintien sans faille du gouverneur Christian KITUNGWA. 

Aux yeux de ces supporters, l'autorité provinciale fait face à un contexte infernal: un Est du pays asphyxié par l'insécurité et la crise économique, des échanges régionaux entravés, des inondations dévastatrices et un budget exsangue. Résultat : «des progrès concrets» émergent malgré tout.

Impasse politique en vue

Ce jeudi 07 mai, la motion d'interpellation déposée visant le chef de l'exécutif du Tanganyika révèle un clivage social profond, jetant les bases d'un duel interinstitutionnel dans la province.

Des voix modérées parient sur un dénouement pacifique.
Cette motion qui peut évoluer en motion de défiance risque de buter sur le moratoire national en vigueur contre les défiances, rempart contre les crises politiques endémiques dans les provinces. 
«Vaine entreprise», clame un observateur dans la foulée.

Ildephonse WILONDJA
Tags

Enregistrer un commentaire

0Commentaires

Please Select Embedded Mode To show the Comment System.*