Que s’est-il réellement passé lors de la manifestation du 12 juin à Kinshasa ? Alors que les versions divergent et que les images circulant sur les réseaux sociaux alimentent la controverse, la plateforme citoyenne Initiative Simama Grands Lacs (ISGL) met les pieds dans le plat et réclame une enquête indépendante.
Dans une déclaration ferme, l’ISGL évoque une « répression sanglante » et dénonce un usage excessif de la force contre des manifestants opposés au projet de révision constitutionnelle. Mais au-delà des mots, c’est l’absence de clarté autour des faits qui inquiète.
Combien de blessés réels ? Y a-t-il eu des morts ? Qui a donné l’ordre d’intervenir et selon quelles règles d’engagement ? À ce stade, aucune réponse officielle détaillée ne permet de dissiper les doutes.
Sur le terrain, plusieurs témoignages font état d’interventions musclées des forces de l’ordre, parfois sans distinction claire entre manifestants pacifiques et fauteurs de troubles. D’autres sources évoquent des scènes de panique et une dispersion brutale des rassemblements.
Des images amateurs, difficilement vérifiables mais largement relayées, semblent accréditer ces récits.
Face à ces zones d’ombre, l’ISGL exige l’ouverture d’une enquête indépendante, crédible et transparente. L’objectif : établir les faits, identifier les responsabilités et éviter que ces événements ne sombrent dans l’oubli ou la manipulation.
Pour son coordonnateur, Samuel Matabaro, l’enjeu dépasse le simple cadre de cette manifestation. Il s’agit de préserver les fondements mêmes de l’État de droit : le respect des libertés publiques, la protection des citoyens et la responsabilité des forces chargées du maintien de l’ordre.
Mais l’organisation ne s’arrête pas là. Elle établit un lien direct entre ces violences et le climat politique tendu autour du projet de révision constitutionnelle. Selon elle, tant que cette question restera sans clarification politique, le risque de nouvelles confrontations restera élevé.
D’où son appel appuyé au Président de la République : renoncer publiquement au projet de changement de la Constitution afin de désamorcer la crise. Une position qui traduit la crainte d’une escalade si les tensions actuelles ne sont pas rapidement apaisées.
En toile de fond, une inquiétude persiste : celle d’un durcissement progressif de la gestion des manifestations publiques. Si aucune enquête sérieuse n’est menée, avertissent plusieurs observateurs, le précédent du 12 juin pourrait fragiliser davantage la confiance entre citoyens et institutions.
À Kinshasa, la rue s’est calmée, mais les questions demeurent. Et sans réponses claires, le risque est grand de voir s’installer une vérité fragmentée, où chaque camp construit son propre récit.
Dans ce contexte, une certitude s’impose : seule une lumière complète sur les faits permettra d’éviter que la crise actuelle ne se transforme en fracture durable.
Rédaction
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