RDC : “Qui peut vous comprendre ?” Julien Paluku démonte Joseph Kabila dans une charge sans précédent

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La tension politique remonte d’un cran en République démocratique du Congo. Dans une tribune au ton incisif publiée ce 14 juin 2026, Julien Paluku Kahongya répond avec virulence à la sortie récente de l’ancien président Joseph Kabila, qui affirmait ne pas être « entendu ni compris » par ses compatriotes.

Mais pour Paluku, cette incompréhension revendiquée relève moins d’une injustice que d’un lourd passif politique.

De la toute-puissance à l’isolement : une chute incomprise ?

« Comment en être arrivé là ? », interroge-t-il d’entrée, dressant le portrait d’un ancien chef d’État passé « de la gloire du pouvoir absolu à Kinshasa pendant 18 ans » à une posture aujourd’hui jugée ambiguë, voire compromettante, dans le contexte sécuritaire actuel.

Le cœur de l’attaque repose sur une accusation grave : celle d’un double jeu historique dans la gestion des groupes armés à l’Est du pays. Selon Paluku, les Congolais auraient été « embrouillés » pendant des années, croyant combattre le CNDP puis le M23, alors que les révélations actuelles suggéreraient une implication plus trouble du régime de l’époque.

Goma, symbole d’un basculement controversé

La présence supposée de Joseph Kabila à Goma, aux côtés d’acteurs liés aux rébellions, notamment Sultani Makenga, est présentée comme une preuve accablante. Une image qui, pour Paluku, scelle le lien entre l’ancien pouvoir et les tragédies qui frappent encore des localités comme Masisi, Rutshuru, Bukavu ou encore Uvira.

« Peut-on comprendre que la radiation de Makenga ait été une stratégie pour le laisser se réorganiser ? », lance-t-il, dans une interrogation lourde de sous-entendus.

Le spectre des accords secrets avec Kigali

La tribune va plus loin en remettant en cause des épisodes clés du passé : l’arrestation de Laurent Nkunda ou encore la reddition de Bosco Ntaganda. Deux événements longtemps présentés comme des succès diplomatiques ou militaires, mais que Paluku décrit désormais comme le fruit d’arrangements dissimulés avec Kigali.
Une accusation explosive qui ravive les soupçons de collusion entre Kinshasa et Kigali durant les années Kabila.

Une rupture consommée avec l’opposition

Face à ce qu’il qualifie de « trahisons » et de « simulations », Paluku appelle les opposants congolais à tirer les leçons du passé et à se désolidariser définitivement de l’ancien président.
« Comment des opposants dignes pourraient-ils encore vous suivre ? », interroge-t-il, évoquant l’abandon progressif de Kabila par ses anciens alliés.

Un verdict politique sans appel

En conclusion, Paluku retourne contre Kabila ses propres mots, citant les Écritures : « Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert. »
Une manière de sceller son réquisitoire : pour lui, le temps des révélations est arrivé, et avec lui celui du jugement de l’histoire.

Dans une RDC toujours meurtrie par les conflits à répétition, cette passe d’armes politique relance un débat fondamental : celui de la responsabilité des dirigeants passés dans les drames présents.
Et au cœur de cette tempête, une question qui résonne comme un leitmotiv : Qui peut encore comprendre Joseph Kabila ?

Fatshi BWANGA 

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