En politique, la neutralité est une arme de destruction massive. Pour Vital Kamerhe, refuser de choisir son camp dans le feuilleton explosif de la révision constitutionnelle n'a rien d'une posture à la Ponce Pilate. C'est un calcul de haut vol. L'actuel président de l'Assemblée nationale sait parfaitement qu’en feignant de se laver les mains, il ne s'efface pas : il dicte ses conditions. En choisissant le silence, Kamerhe orchestre un rapport de force souterrain, se drapant derrière l'intérêt du peuple pour mieux masquer ses propres pions.
Fin de cycle : L'éternel marchepied refuse de se faire piétiner
Mais sous le vernis des sourires officiels, le malaise est total. Les derniers déplacements du leader de l'UNC et les murmures de son entourage trahissent une rupture psychologique : l’homme de Walungu ne veut plus être le dindon de la farce. Finie l'époque où il servait d'éternel marchepied aux ambitions de la 10ᵉ Rue Limete.
Une ligne de fracture nette est en train de se dessiner entre une fidélité de façade et une ambition personnelle retrouvée. Kamerhe a fait ses comptes : aller au front pour offrir un nouveau bail constitutionnel au pouvoir en place ne lui rapportera rien. Pire, ce serait un suicide politique.
La politique des dupes : Le grand réveil de Kamerhe
L'histoire ne ment pas, et elle sert aujourd'hui de leçon. De l’Accord d’Addis-Abeba au sacrifice de Genève où il s'est effacé pour propulser l’UDPS, Kamerhe a tout donné, tout concédé. Pour quel résultat ? À chaque partage du gâteau, le scénario s'est répété : un allié clé systématiquement étouffé, marginalisé et broyé dans l’ombre de l'appareil d'État.
En refusant de jouer les porteurs de valises pour ce nouveau projet de Constitution, Vital Kamerhe envoie un message glaçant à ses partenaires : cette fois, le pouvoir devra composer avec lui, ou faire sans lui. Et c'est précisément ce silence qui empêche la kermesse du pouvoir de tourner à plein régime.
Fatshi BWANGA
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