RDC : Présidentiable ou fuyard ? Katumbi rattrapé par le débat sur son courage politique

Kit-infos.net
0
Le vernis diplomatique a volé en éclats. Sur un plateau télé, Péro Luwara a mis les pieds dans le plat avec une brutalité assumée : Moïse Katumbi serait un « poltron ». Un mot dur, choquant pour certains, mais qui a le mérite de poser une question que beaucoup évitent : peut-on prétendre diriger un pays sans jamais faire face au feu ?

Depuis plusieurs années, un schéma semble se répéter. À chaque montée de tension judiciaire, à chaque rumeur d’un dossier, Katumbi disparaît du territoire national. Coïncidence ou stratégie ? Pour ses détracteurs, le doute n’est plus permis : il s’agit d’une fuite organisée, révélatrice d’un malaise profond face à l’épreuve.

Olivier Kamitatu, fidèle parmi les fidèles, s’est empressé de dénoncer un manque de professionnalisme de la part de Luwara. Une réaction attendue, presque mécanique. Mais derrière cette défense, une réalité dérangeante persiste : le débat ne porte pas seulement sur la forme des propos, mais sur leur fond.

Car enfin, la question est simple : peut-on vouloir être Président de la République démocratique du Congo, un pays confronté à des crises sécuritaires, politiques et institutionnelles majeures, sans démontrer une capacité à affronter la pression, les accusations et les tempêtes ?
Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache. Et surtout, il se mérite.

Dans toutes les grandes trajectoires politiques, il y a un point commun : l’acceptation du risque. Ceux qui aspirent au sommet savent qu’ils devront faire face à la justice, aux attaques, aux complots réels ou supposés, et parfois à l’injustice elle-même. Fuir ces moments, c’est envoyer un signal clair : celui d’un leadership fragile.

Les partisans de Katumbi crient à l’acharnement politique. Peut-être. Mais même dans ce cas, l’histoire politique enseigne une chose : les leaders qui marquent leur époque sont ceux qui affrontent l’adversité de front, pas ceux qui la contournent.

À force d’éviter les confrontations, une question s’impose avec de plus en plus d’insistance : Katumbi veut-il réellement le pouvoir, ou seulement les avantages qui y sont associés ?

Dans l’arène politique congolaise, il ne suffit plus de séduire. Il faut tenir. Et tenir, c’est rester debout quand tout vacille.
Le peuple congolais, lui, observe. Et dans ce tribunal silencieux qu’est l’opinion publique, le courage n’est pas un slogan — c’est une épreuve.
Tags

Enregistrer un commentaire

0Commentaires

Please Select Embedded Mode To show the Comment System.*