Le dossier Bingi Belo continue de faire grand bruit dans le paysage du football congolais. Alors que la Linafoot a rendu son verdict sur le terrain, une autre bataille, bien plus complexe, se joue encore en coulisses. Le litige opposant le FC Les Aigles du Congo au TP Mazembe reste entier, suspendu à une décision toujours attendue de la FECOFA.
À l’origine de cette affaire, une contestation claire : le FC Les Aigles du Congo remet en cause l’alignement de Bingi Belo sous les couleurs du TP Mazembe, estimant que le joueur ne disposait pas d’une licence valide pour évoluer en championnat national.
Une polémique qui a pris une ampleur particulière après les déclarations de Frédéric Kitengie Kikumba, secrétaire général du club lushois. Lors d’un échange dans le podcast du journaliste Stanis Bujakera, ce dernier a reconnu que le joueur ne possédait effectivement pas de licence. Une sortie médiatique qui a jeté un véritable pavé dans la mare.
Des irrégularités administratives troublantes
Au fil de l’analyse du dossier, plusieurs zones d’ombre sont apparues. Selon diverses sources concordantes, la procédure d’obtention de la licence serait restée bloquée sur la plateforme FIFA Connect, faute de documents complets. Certaines pièces essentielles manqueraient, rendant impossible la validation administrative du joueur.
Parmi les éléments les plus sensibles figure une incohérence majeure liée à l’identité du joueur. Les documents récemment fournis évoquent une date de naissance en 2005, alors que sa précédente licence mentionnait 2003.
Une contradiction qui soulève de sérieuses interrogations sur la régularité de son dossier administratif et pourrait expliquer l’absence de licence.
Transfert flou et zones d’ombre persistantes
Autre point de friction : l’origine du transfert. Le TP Mazembe affirme avoir recruté Bingi Belo en provenance de l’AC Kratos, et non du DCMP. Pourtant, plusieurs informations recueillies suggèrent que ce transfert n’aurait pas été totalement régularisé conformément aux procédures en vigueur.
Des incohérences seraient relevées dans les dates de rétrocession du joueur, tandis que certaines sources évoquent une tentative de modification d’identité administrative. À cela s’ajoutent un transfert avorté vers le Rwanda pour des raisons similaires, ainsi que des interrogations sur son enregistrement durant la période de suspension du DCMP.
Le silence de la FECOFA intrigue
Sur le plan administratif, le FC Les Aigles du Congo maintient la pression. Le club affirme avoir adressé, depuis près de deux semaines, une demande officielle à la FECOFA pour obtenir les données FIFA Connect du joueur ainsi qu’une copie de sa licence.
Mais jusqu’à présent, aucune réponse officielle n’a été communiquée. Un silence qui alimente toutes les spéculations dans un dossier devenu particulièrement sensible. S’agit-il d’un simple retard administratif ou d’une affaire nécessitant des vérifications approfondies ? La question reste entière.
Mazembe induit en erreur ?
Si les faits reprochés venaient à être confirmés, les déclarations de Frédéric Kitengie pourraient soulever une question centrale : le TP Mazembe a-t-il été induit en erreur dans ce dossier ?
Dans ce scénario, le joueur pourrait faire face à des sanctions disciplinaires, conformément aux règlements en vigueur. Mais l’affaire pourrait également avoir des répercussions plus larges sur la crédibilité des procédures administratives dans le football congolais.
Une décision très attendue
Mobilisée ces dernières semaines par la participation des Léopards à la Coupe du monde 2026, la FECOFA est désormais attendue au tournant après l’élimination de la sélection nationale.
Son verdict est très attendu, non seulement pour trancher ce litige, mais aussi pour faire la lumière sur une affaire qui pourrait créer un précédent important en matière de gouvernance sportive en République démocratique du Congo.
Du côté du FC Les Aigles du Congo, la ligne reste inchangée : aller jusqu’au bout. Le club se dit prêt à épuiser toutes les voies de recours, y compris une saisine du Tribunal arbitral du sport (TAS), afin d’obtenir une décision définitive.
Une chose est sûre : le dossier Bingi Belo est loin d’avoir livré tous ses secrets.
Emerode Mvunzi Kamba
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