Un nouveau rapport du groupe d’experts des Nations unies vient jeter une lumière crue sur les dynamiques politico-militaires à l’Est de la République démocratique du Congo, avec en toile de fond des accusations lourdes visant l’ancien président Kabila.
Selon ce document, la plateforme «Sauvons la RDC», attribuée à Kabila, aurait appelé à un «soulèvement populaire» dont les objectifs «correspondaient» à ceux de l’AFC/M23, groupe armé actif dans l’Est du pays. Une convergence troublante qui alimente les soupçons d’une coordination politique et militaire en coulisses.
Le rapport va plus loin en documentant des visites répétées de dans les zones sous contrôle du M23 depuis mai 2025. Il évoque également des réunions entre l’ancien chef de l’État et de hauts responsables du mouvement rebelle, renforçant l’hypothèse d’un lien direct entre les deux entités.
Autre élément clé soulevé par les experts onusiens : cette visibilité accrue de Kabila dans ces zones sensibles semblerait «destinée à occulter le rôle du Rwanda», en accréditant l’idée d’un «mouvement congolais répondant à un problème congolais». Une stratégie narrative qui, si elle se confirme, pourrait redéfinir les perceptions internationales du conflit.
Parallèlement, le rapport met en évidence la montée en puissance de , figure influente du cercle rapproché de Kabila. Désigné «coordinateur du secrétariat technique» et «membre fondateur» lors du second conclave de « Sauvons la RDC » en avril 2026, Nyarugabo apparaît désormais comme un acteur clé dans cette architecture politico-stratégique.
Cependant, tout n’est pas homogène au sein de cette alliance présumée. Des tensions internes persistantes sont signalées : si et nourrissent des ambitions de prise de pouvoir à Kinshasa, une majorité des dirigeants militaires du M23 privilégierait une stratégie différente. Leur objectif serait davantage axé sur la consolidation territoriale dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, plutôt qu’une offensive directe vers la capitale.
Ce rapport, aux implications potentiellement explosives, pourrait raviver les tensions politiques internes et compliquer davantage les efforts diplomatiques déjà fragiles dans la région des Grands Lacs. Une chose est certaine : le dossier Kabila revient au centre du jeu, dans un contexte où chaque révélation redessine les lignes de fracture du pouvoir en RDC.
Natacha Ndombele
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