Dialogue national en RDC : Participer ou boycotter ? Le « piège parfait » de Tshisekedi pour asphyxier l’opposition​

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C’est un coup de maître politique ou un monologue déguisé, selon le bord où l’on se situe. En posant les balises du futur dialogue national, Félix Tshisekedi vient de tracer une autoroute politique où il est à la fois le conducteur, le policier et le juge de ligne. Pour l’opposition, le choix s’annonce cornélien : monter dans le train du Président ou regarder passer le train depuis le quai. Dans les deux cas, Tshisekedi gagne.

​Un dialogue « Made in Kinshasa », sous contrôle total

​Finies les négociations sous l'égide de la communauté internationale ou de facilitateurs extérieurs. Ce dialogue se tiendra à Kinshasa, et le maître du jeu est clairement identifié : Félix Tshisekedi lui-même.

​C’est le Chef de l’État qui dirigera les débats à travers les délégués qu’il aura personnellement désignés. Pas de médiateur neutre, pas d'arbitre international. De plus, si l'événement se veut « inclusif » entre fils et filles du pays pour faire bloc contre l’agression rwandaise, excluant d'office le M23 et l'AFC, une zone d'ombre subsiste : les conditions de participation. Elles seront fixées ultérieurement. 
Mais par qui, si ce n’est par le Président en dernier ressort ?

​La Constitution et le Référendum : Les lignes rouges non négociables

​Que ceux qui espéraient un grand déballage politique ou une transition se détrompent. Ce forum se fera dans le strict respect des institutions et de la Constitution actuelle.

​Le pouvoir a déjà verrouillé les issues :

​• Le dialogue ne pourra pas légiférer (pas question de remplacer le Parlement).

• ​Il ne pourra pas interférer avec les décisions de justice.

​• Surtout, il ne pourra en aucun cas bloquer le processus référendaire.

​En clair, le projet de changement ou de révision constitutionnelle, tant décrié par les opposants, reste sur les rails. Le dialogue ne servira pas de table rase, mais plutôt de chambre d'enregistrement.

​Le dilemme de l'opposition : Le boycott ou la soumission ?

​Le décor étant ainsi planté, la marge de manœuvre de l’opposition congolaise se réduit à une peau de chagrin. Elle se retrouve face à un choix binaire et potentiellement suicidaire :

​• Option A : Le boycott. Les opposants refusent de participer à ce qu'ils qualifient déjà de « mascarade ». Résultat ? Ils laissent un boulevard désert à Félix Tshisekedi pour dérouler son agenda, y compris la réforme de la Constitution, sans la moindre contradiction interne.

​• Option B : La participation. Ils acceptent de s'asseoir à la table. Résultat ? Ils se soumettent de fait au schéma ultra-verrouillé du pouvoir et légitiment, par leur présence, le processus qui mène droit au référendum. Ils ne feraient alors qu'accompagner le Chef de l'État sur son propre boulevard.

​Le constat est amer pour les détracteurs du régime : en dictant ses règles sans concession, Félix Tshisekedi a créé un jeu politique où l'opposition semble condamnée à perdre, qu'elle choisisse de jouer ou de rester sur le banc.

Fatshi BWANGA 


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