C’est le grand paradoxe de la politique congolaise : moins on a d’ancrage populaire, plus on réclame des tables rondes. Lundi 6 juillet 2026, la coalition de l'opposition C64 est allée mendier un dialogue inclusif auprès du président burundais Évariste Ndayishimiye. Derrière les grands mots sur la « crise multidimensionnelle » se cache une vérité beaucoup plus crue : incapable de mobiliser les masses à Kinshasa, l'opposition cherche à exister par des conciliabules de couloirs à l'étranger.
L’exil des idées : quand l’opposition fuit le terrain pour les salons de Bujumbura
Alors que la République démocratique du Congo fait face à des défis sécuritaires et socio-économiques majeurs qui exigent une présence constante sur le terrain, les leaders de la coalition C64 ont préféré prendre l’avion. Direction : le Burundi.
Pour Franklin Tshiamala, secrétaire général du LGD et porte-parole de circonstance, ce pèlerinage est une «avancée décisive».
En réalité, c’est l’aveu d’une terrible impuissance. Faute de pouvoir peser dans les urnes ou d'imposer un rapport de force démocratique à l'intérieur des frontières nationales, cette frange de la classe politique court après la médiation internationale comme après une bouée de sauvetage.
Le «dialogue national», en RDC, est devenu le sport favori des politiciens en perte de vitesse pour négocier des postes et des strapontins qu'ils n'ont pas pu obtenir par le suffrage universel.
Le recadrage poli mais ferme des chefs religieux
Pendant que l'opposition rêve déjà de réclamer un énième partage du gâteau institutionnel sous couvert de "cohésion", les leaders religieux congolais, également reçus par le président en exercice de l’Union africaine, ont subtilement sifflé la fin de la récréation.
L'archevêque Évariste Ejiba Yamapia, président de la Plateforme des confessions religieuses, a immédiatement douché les espoirs de transition ou de déstabilisation caressés par certains :
• Le rappel à l'ordre : Un appel strict au «respect des institutions de la République».
• La souveraineté maintenue : Le rappel que les grandes orientations se décideront à Kinshasa, entre Félix Tshisekedi et son homologue burundais, et non dans des officines d'opposition.
Ce contraste est saisissant.
D’un côté, des institutions religieuses qui jouent le jeu de la stabilité de l'État ; de l'autre, une coalition C64 qui tente de dramatiser la situation pour forcer des assises dont le pays n'a pas besoin.
Le développement n’attend pas les partageurs de pouvoir
La rengaine est connue : «sans dialogue, pas de développement».
Cet argument, brandi par la C64, ne dupe plus grand monde. Ce qui empêche la RDC d'avancer sur son agenda de développement, ce ne sont pas les prétendus manques de concertation, mais bien les distractions politiques permanentes créées par une opposition qui refuse le verdict de l'ordre constitutionnel.
Le président Évariste Ndayishimiye a poliment salué la «qualité des échanges». Diplmatie oblige.
Mais à Kinshasa, le message est clair : le pays avance, les institutions fonctionnent, et l'époque où l'on accédait au pouvoir par des dialogues de couloirs est définitivement révolue. Si l'opposition veut convaincre, c'est devant le peuple congolais qu'elle doit présenter ses arguments, pas dans les salons feutrés de Bujumbura.
Rédaction
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