Le combat pour l'ordre constitutionnel et l'État de droit en République démocratique du Congo ne cesse de soulever des passions. Mais à mesure que les prises de position se succèdent, une question brûlante enflamme le débat public : la plateforme C-64 défend-elle encore un principe républicain universel ou est-elle devenue le bouclier politique d'un camp ?
Hier portée par l'exigence de la défense de la Constitution, la ligne d'horizon semble aujourd'hui s'être déplacée. Des figures de l'ancien régime, à l'instar de personnalités telles qu'Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, s'invitent désormais au cœur des plaidoyers. Un grand écart stratégique et idéologique qui pousse observateurs et citoyens à s'interroger sur la cohérence de cette démarche.
Entre principes constitutionnels et calculs politiques
L'appel originel de la C-64 s'articulait autour d'une promesse claire : veiller au respect strict des lois fondamentales de la République. Pourtant, la transition observée dans ses récents combats laisse perplexe. Le passage d'une défense intransigeante du texte constitutionnel à la protection apparente d'acteurs politiques de premier plan de l'ère Kabila interroge profondément sur les motivations réelles de ces mobilisations.
• De la règle au privilège : En s'attardant sur le sort d'anciens cadres influents, le mouvement risque de voir sa légitimité écornée.
• La question de l'Est : Pour de nombreux citoyens, en particulier dans les provinces de l'Est meurties par l'insécurité, l'association de l'ancien système politique à des causes actuelles passe mal. Le fossé se creuse entre les urgences sécuritaires de la population et les agendas politiques de Kinshasa.
Le peuple congolais réclame la clarté
Face à ces revirements, le constat est unanime au sein de la société civile : la Constitution ne saurait être transformée en un refuge pour l'impunité, ni en un marchepied pour des ambitions partisanes.
Si la C-64 ambitionne réellement de porter la voix de l'État de droit, elle se doit de l'incarner sans calculs politiciens ni passe-droits. L'heure est donc à la clarification pour un mouvement placé au pied du mur face aux attentes d'un peuple exigeant transparence et exemplarité.
RLM
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