RDC | De l’appel au «divorce» à l’appel du pied : Le grand virage de Martin Fayulu interroge la classe politique

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La scène politique congolaise est souvent le théâtre de retournements spectaculaires, mais certains contrastes marquent durablement les esprits. Depuis Paris, l'opposant Martin Fayulu plaide désormais pour un dialogue national inclusif, allant jusqu'à réclamer la participation de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa. Une sortie qui interpelle, tant les trajectoires et les déclarations passées semblent en porte-à-faux avec cette nouvelle exigence.

​La mémoire politique a ses archives

​Difficile pour les observateurs d'ignorer le passé récent, tant les prises de position de Martin Fayulu ont été tranchées par le passé :

• ​13 mai 2019 à Kisangani : Martin Fayulu exhortait publiquement Félix Tshisekedi à « divorcer de Kabila ».

​• 29 août 2019 : Il qualifiait ouvertement Joseph Kabila d’« agent envoyé pour la balkanisation du Congo».

• ​30 décembre 2019 : Il réitérait ses accusations en déclarant que « le mal c’est Joseph Kabila », l'associant directement aux menaces pesant sur l'intégrité territoriale de la RDC.

​Aujourd'hui, l'équation s'est complexifiée. Corneille Nangaa dirige l'Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), une rébellion active dans l'Est du pays, tandis que Joseph Kabila fait l'objet de graves accusations de connivence avec ce même mouvement. Pourtant, c'est ce même cercle que l'opposant souhaite voir autour de la table des négociations.

​Changement de conviction ou calcul politique ?

​Ce grand écart idéologique pousse à la perplexité. S'agit-il d'une adaptation stratégique face à un paysage politique en perpétuelle mutation ou d'un véritable réajustement de vision ?

​Si la quête d'un consensus et d'un dialogue inclusif, tel que l'évoque régulièrement la présidence, reste un sujet central pour l'avenir de la nation, de nombreux citoyens et acteurs de la société civile estiment que l'inclusion ne devrait jamais signifier l'amnésie.
Surtout à l'heure où les populations de l'Est du Congo continuent de payer un lourd tribut face aux violences armées.

RLM 

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