Le débat sur la nationalité congolaise continue de susciter des réactions dans l’espace public. Dans une tribune intitulée « On est Congolais ou on ne l’est pas ! », le professeur et député national Paul-Gaspard Ngondankoy Nkoy-ea-Loongya appelle à sortir des controverses identitaires et à revenir au droit, à la Constitution et aux principes qui fondent l’unité nationale.
La nationalité, une question encadrée par la loi
Constitutionnaliste de formation, l’élu de Yahuma, dans la Tshopo, estime que la nationalité congolaise ne devrait pas être déterminée par l’appartenance ethnique ou les rapports de force politiques, mais par les textes qui régissent la République.
Il rappelle que le droit congolais distingue principalement la nationalité d’origine et la nationalité d’acquisition. La première concerne notamment les personnes dont l’un des parents est congolais ainsi que les membres des groupes ethniques et nationaux dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu la République démocratique du Congo au moment de l’indépendance, le 30 juin 1960.
La nationalité peut également être acquise ultérieurement, notamment par naturalisation, option, adoption ou mariage, selon les conditions prévues par la législation.
Pour Paul-Gaspard Ngondankoy, ce cadre est déjà établi par la Loi n°04/024 du 12 novembre 2004 relative à la nationalité congolaise et l’article 10 de la Constitution du 18 février 2006.
« On est Congolais ou on ne l’est pas ! »
À travers sa tribune, le député national appelle à ne pas transformer la question de la nationalité en instrument de division.
Selon lui, l’appartenance à la communauté nationale doit être appréciée à partir du droit et non sur la base des origines supposées, des appartenances tribales ou des considérations politiques.
Cette position vise à prévenir la résurgence des fractures identitaires dans un pays où les questions liées à l’origine et à l’appartenance communautaire ont souvent été au cœur des tensions politiques.
Le constitutionnaliste invite ainsi les Congolais à privilégier le respect de la Constitution, des lois et des institutions, tout en consolidant le sentiment d’appartenance à une même République.
Les autorités interpellées
Paul-Gaspard Ngondankoy estime également que les pouvoirs publics ont une responsabilité particulière dans la préservation de la cohésion nationale.
Il plaide pour une lutte contre toutes les formes de discrimination et contre l’instrumentalisation des appartenances communautaires à des fins politiques.
Pour lui, la consolidation de l’État passe par l’égalité des citoyens devant la loi et par la protection de l’unité nationale, indépendamment des origines ou des communautés auxquelles ils appartiennent.
Une justice applicable à tous
Sur le plan judiciaire, l’élu préconise également une application uniforme de la loi. Les actes portant atteinte à la sûreté de l’État, soutient-il, doivent faire l’objet de poursuites conformément au droit, sans distinction fondée sur l’origine ou l’appartenance communautaire des personnes concernées.
Son plaidoyer repose donc sur un principe central : le droit doit primer sur les considérations identitaires et politiques.
La nationalité, dans cette perspective, doit demeurer une matière régie par la Constitution et la loi, et non devenir un instrument de stigmatisation ou d’exclusion.
Un appel à l’unité nationale
À travers cette tribune, Paul-Gaspard Ngondankoy relance ainsi le débat sur la nécessité de dépasser les clivages ethniques dans l’appréhension de la citoyenneté congolaise.
Son message se veut avant tout un appel au retour aux textes et aux principes républicains : « On est Congolais ou on ne l’est pas ! »
Pour l’élu, la consolidation de la nation congolaise passe moins par la recherche des différences entre citoyens que par la reconnaissance d’un cadre juridique commun et le respect de l’égalité devant la loi.
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