La dette publique de la République démocratique du Congo est estimée à 18,55 milliards de dollars américains en septembre 2026. Un niveau que l’ancien président Joseph Kabila dénonce, en mettant en cause la trajectoire des finances publiques depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. Les autorités, elles, défendent la soutenabilité de cet endettement.
Dans son message à la nation diffusé le vendredi 9 octobre 2026, Joseph Kabila a vivement critiqué l’évolution de la dette publique congolaise. L’ancien chef de l’État estime que l’endettement du pays a fortement augmenté depuis son départ du pouvoir, en janvier 2019.
Il oppose cette situation à l’héritage économique qu’il affirme avoir laissé à son successeur, soutenant que la RDC avait été débarrassée du poids de la dette héritée des régimes précédents. Des déclarations qui relancent la controverse politique sur la gestion des finances publiques depuis l’alternance de 2019.
Plus de 18,5 milliards de dollars de dette
Selon les données attribuées à la Direction générale de la dette publique (DGDP), l’encours de la dette publique congolaise s’élevait à 18 552,20 millions de dollars américains en septembre 2026.
Cette dette comprend environ 11,46 milliards de dollars d’engagements extérieurs et près de 7,09 milliards de dollars de dette intérieure.
Toutefois, le montant global de la dette ne suffit pas, à lui seul, à déterminer si un pays se trouve en situation de surendettement. L’analyse doit également tenir compte du poids de la dette par rapport au produit intérieur brut (PIB), des taux d’intérêt, des échéances de remboursement et des recettes mobilisées par l’État.
Kinshasa défend la soutenabilité de la dette
Face aux critiques, les autorités congolaises mettent en avant des indicateurs qu’elles jugent rassurants. Elles soulignent notamment que le ratio de la dette publique demeure inférieur à 20 % du PIB et que le pays reste classé parmi les États présentant un risque modéré de surendettement.
Dans un communiqué publié le 10 septembre 2026, la DGDP a réaffirmé le caractère soutenable de la dette congolaise, présentée comme majoritairement concessionnelle, malgré l’émission d’un eurobond de 1,25 milliard de dollars.
Pour les autorités, l’augmentation de l’encours ne signifie donc pas automatiquement que l’État est incapable d’honorer ses engagements. La soutenabilité dépend également des conditions d’emprunt, de la capacité de mobilisation des recettes publiques et de l’utilisation des fonds mobilisés.
L’héritage économique de 2019 au cœur de la controverse
Au-delà des chiffres, cette confrontation remet en lumière la question de l’héritage économique laissé par Joseph Kabila et du bilan financier de la présidence de Félix Tshisekedi.
Le débat porte désormais autant sur le volume de la dette que sur les résultats concrets des emprunts contractés : financement des infrastructures, amélioration des services publics, développement économique et impact sur les conditions de vie de la population.
Entre les critiques de l’ancien président et les assurances des autorités actuelles, l’évolution de la dette publique congolaise appelle une comparaison rigoureuse des données disponibles depuis 2019.
L’enjeu est de déterminer non seulement combien l’État congolais doit aujourd’hui, mais aussi à quelles conditions il a emprunté, comment les fonds ont été utilisés et dans quelle mesure ces engagements contribuent au développement du pays.
Ali Haddad
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