Le débat sur l’avenir sécuritaire de l’Est de la République démocratique du Congo continue de susciter de vives réactions jusque dans les cercles politico-religieux américains.
Cette fois, c’est le pasteur américain Travis Johnson qui monte au créneau pour répondre sans détour aux positions attribuées au congressman Ronny Jackson, en rejetant catégoriquement toute idée d’intégration du M23 au sein des FARDC.
Dans une déclaration au ton ferme, Travis Johnson pose ce qu’il appelle un «stop fermé», comparant une éventuelle intégration du M23 dans l’armée congolaise à une hypothétique intégration du mouvement ANTIFA dans l’armée américaine. Une analogie choc, volontairement provocatrice, qui vise à souligner l’absurdité et le danger, selon lui, d’une telle option.
«Le M23, c’est le Rwanda déguisé»
Pour le pasteur, le constat est sans appel :
«Le M23 est soutenu par le Rwanda. Le M23 est le Rwanda déguisé.»
Une affirmation qui s’inscrit dans la lignée de nombreux rapports internationaux accusant KIGALI d’un soutien militaire et logistique à ce groupe armé actif dans l’Est congolais.
Dès lors, intégrer le M23 dans les FARDC reviendrait, selon Johnson, à introduire une force étrangère au cœur même de l’appareil sécuritaire national.
Une menace directe contre la souveraineté congolaise
Travis Johnson va plus loin et alerte sur les conséquences d’une telle décision. À ses yeux, une intégration du M23 affaiblirait la souveraineté de la RDC, augmenterait le risque d’insurrection interne, et fragiliserait durablement la stabilité des forces de sécurité congolaises.
Il estime que cette option créerait un précédent dangereux, en légitimant la prise des armes comme moyen d’accéder à des postes au sein de l’armée nationale.
Un argument clé : les accords de paix dits de Trump
L’un des points centraux de son argumentaire repose sur les accords de paix associés au président américain Donald Trump, qui exigeraient explicitement le retrait du Rwanda du territoire congolais. Une exigence qu’il juge incompatible avec l’intégration du M23.
«Comment le Rwanda peut-il quitter la RDC si le M23, soutenu par le Rwanda et comprenant des troupes rwandaises, est enraciné dans les FARDC ?», s’interroge-t-il.
Pour Johnson, la réponse est évidente : intégrer le M23 équivaudrait à saper, voire violer, les accords de paix censés ramener la stabilité dans la région.
Une prise de position qui résonne à Kinshasa
La sortie de Travis Johnson n’est pas anodine. Le pasteur fait partie des leaders religieux américains présents à Kinshasa avant la signature des Accords de Washington du 4 décembre 2025, ce qui confère à sa parole un poids symbolique et politique certain.
Son message, sans ambiguïté, s’adresse autant aux décideurs congolais qu’aux partenaires internationaux : la paix ne peut se construire au prix de la souveraineté nationale.
Fatshi BWANGA
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